Assassinat de Norbert Zongo : JE M’INTERROGE si l’argumentaire soutenu par les avocats de François Compaoré tient la route

JE M’INTERROGE est une rubrique qui jette un regard critique sur les dossiers brûlants de l’heure d’ici et d’ailleurs.

L’actualité qui défraye la chronique au Burkina Faso c’est bien la décision le 30 juillet 2021 du Conseil d’Etat français d’extrader François Compaoré, frère cadet de l’ex-président Blaise Compaoré afin de faire face à la justice burkinabè au sujet de l’assassinat du journaliste d’investigation Norbert Zongo le 13 décembre 1998.

En tant qu’ancien secrétaire général de l’Association des Journalistes du Burkina  ( A J B) section régionale de l’ouest, je m’en réjouis énormément de cette décision même si le sieur Compaoré bénéficie jusque-là de la présomption d’innocence. Je m’en réjouis du fait que la lutte syndicale le CODMPP ( Collectif des organisations démocratiques de masse et de partis politiques)  dirigé à  l’époque par Maitre Halidou Ouédraogo a finalement payé. Je n’oublie surtout pas l’A J B omniprésente dans cette lutte. Mon chapeau à Jean Claude Meda ancien président de l’A J B, à  la famille de l’illustre disparu, et au collectif d’avocats commis à  la tâche.  J’ai été témoin oculaire de ces évènements, en tant que secrétaire général de l’A J B dans les moments forts de cette crise.  j’ai aussi pris part comme beaucoup de Burkinabè aux différentes marches que ce soit dans la rue ou à  la bourse du travail pour exiger l’arrestation des responsables de ce crime odieux et qu’ils soient traduits devant la  justice.

JE M’INTERROGE si l’argumentaire soutenu par les avocats de François Compaoré pour éviter son extradition tient la route. En effet ses dits avocats soutiennent que François Compaoré serait « exposé » à  des « risques de torture, de traitements inhumains et dégradants.»

Primo : C’est d’abord insulter la mémoire collective en parlant de risque de torture et de traitements inhumains et dégradants. Savent – ils comment Norbert et ses trois compagnons d’infortune ont été assassinés ? C’est la mort par autodafé, cette punition par le feu. En effet, le corps de feu Norbert a été criblé  par des balles assassines, et ensuite brûlé. Ceux qui ont commis cette sale besogne ne parleront pas de torture ou traitements inhumain et dégradants quand il s’agit de se présenter simplement devant un juge et prouver qu’ils sont innocents.  

Secundo : Même si on torturait des prisonniers au Burkina Faso, je ne pense pas que le pouvoir de Roch Marc Christian Kaboré  va torturer Monsieur François Compaoré car ils sont tous les caïmans d’un même marigot. Même si François Compaoré a été à l’origine de l’expulsion  des instances dirigeantes du CDP ancien parti au pouvoir du trio Roch, Simon et Salif ( RSS), les liens de parenté  et d’amitié qui lient les familles Kaboré  et Compaoré ne sont pas totalement détruits.

JE M’INTERROGE pourquoi François Compaoré craint la torture ? il n’est un secret pour personne que Norbert Zongo a été assassiné  alors qu’il enquêtait sur la mort suspecte de feu David Ouédraogo chauffeur de François Compaoré. David Ouédraogo a été torturé, son dos a été totalement brûlé. Il est mort dans ses conditions de traitements inhumains et dégradants. François Compaoré l’accusait d’avoir volé une somme importante.

Monsieur François Compaoré, vient prouver aux Burkinabè et aux journalistes que tu n’as rien à te reprocher concernant l’assassinat d’un journaliste, j’ai nommé Norbert Zongo. Personne ne te torturera au Burkina Faso.

Bazona Barnabé Bado

 

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