A 69 ans, le ministre américain de la Justice Merrick Garland doit prendre une décision qui pourrait être lourde de conséquences. Il s’agit de l’inculpation, ou non, de l’ancien président Donald Trump.
Un homme considéré comme «fort» aux Etats-Unis. Merrick Garland, le ministre américain de la Justice, siégerait aujourd’hui à la Cour suprême si les sénateurs républicains ne l’en avaient pas empêché.
Mais il se trouve face à une décision tout aussi lourde que celles qu’il aurait prises à la haute cour : poursuivre un ancien président des Etats-Unis.
Cet ancien juge de 69 ans a personnellement approuvé la perquisition spectaculaire du FBI le 8 août au domicile de Donald Trump en Floride, et c’est à lui de décider s’il doit être inculpé.
Cela serait sans précédent pour un ancien locataire de la Maison Blanche : Richard Nixon avait été gracié par son successeur Gerald Ford avant qu’une inculpation ne soit décidée dans le scandale du Watergate.
Et si Richard Nixon n’avait plus d’influence – il avait démissionné pour éviter une destitution quasi-certaine -, ce n’est pas le cas de Donald Trump, dont l’emprise sur le parti républicain est telle qu’il envisage de briguer un nouveau mandat en 2024.
«L’idée même d’inculper un ancien président de quoi que ce soit est assez extraordinaire», note Steven Schwinn, professeur de droit à l’Université de l’Illinois Chicago. «Mais ce que Trump a fait est assez extraordinaire».
Si la perquisition de sa résidence Mar-a-Lago semble liée à la présence de documents confidentiels, Donald Trump est aussi visé par des enquêtes sur ses efforts pour renverser les résultats de l’élection présidentielle de 2020 et sur son rôle dans l’assaut de ses partisans contre le Capitole le 6 janvier 2021.
Le milliardaire américain n’a jusqu’ici été poursuivi dans aucune de ces affaires, mais la commission d’enquête parlementaire sur l’attaque du Capitole a donné des pistes que Merrick Garland pourrait suivre.
Reste à savoir s’il va le faire.
