Terrorisme dans les pays du Sahel : Il ne faut pas se leurrer, les terroristes nous combattront peu importe celui qui sera au pouvoir

Les attaques terroristes au Burkina Faso, au Mali et au Niger ou tout simplement dans les pays de la Confédération « Alliance des Etats du Sahel », continuent d’endeuiller les familles. Chaque jour des femmes, des enfants, des hommes, jeunes et vieillards, tous des innocentes populations tombent sous les balles assassines des terroristes, des barbares sans foi et ni loi, financés et armés par certainement des mauvais gens tapis dans l’ombre.  

On compte dans ces trois pays des millions de personnes déplacées internes (PDI), des veuves et orphelins, sans oublier des milliers de militaires qui tombent avec bravoure les armes à la main au nom de la patrie et ceux blessés au front portant des séquelles indélébiles dans leur corps.  

Dans le mois de février 2023, un de mes cousins qui avait rejoint les rangs des volontaires pour la défense de la patrie (VDP) a été froidement abattu par les terroristes à Bow, un village situé à  une dizaine de kilomètres de Tenado dans la province du Sanguié. Il a été abattu d’une balle assassine dans le cœur alors que lui et trois autres VDPs se rendaient à une réunion dans un village voisin lorsqu’ils tombent dans une embuscade tendue par les terroristes. Sa mort a failli créer une division au sein de la famille qui vivait jusque-là de façon harmonieuse. Un mois plus tard après ce douloureux évènement, j’accueillais chez moi au village 24 personnes déplacées internes tous fuyant une attaque terroriste perpétrée dans un village à 3 kilomètres de Bekeyou un village situé à quelques 6 kilomètres du Mouhoun ou résident ma tante et 2 de mes cousins. L’un d’entre eux a eu sa motocyclette totalement saccagée par les assassins. Il a eu la vie sauve grâce à la force de ses jambes. Cette histoire, c’est mon histoire. Je n’ai aucun doute dans mon esprit que c’est aussi l’histoire des millions de Burkinabè, maliens et nigériens.

Le terrorisme dans sa forme la plus barbare et inhumain est né en Afrique après l’assassinat en 2011 du président libyen Mouammar Kadhafi par une coalition internationale dirigée par l’OTAN. Dans un article intitulé « pourquoi l’OTAN a détruit la Libye il y a dix ans », et publié sur le site web Mondialisation.ca du 16 mars 2021 l’italien Manlio Dinucci  écrit : « Il y a dix ans, le 19 mars 2011, les forces USA/OTAN initiaient le bombardement aéronaval de la Libye. La guerre fut dirigée par les États-Unis, d’abord via le Commandement Africa, puis par l’OTAN sous commandement USA. En sept mois, l’aviation USA/OTAN effectue 30 mille missions, dont 10 mille d’attaque, avec plus de 40 mille bombes et missiles. »

Il dépeint aussi l’une des raisons qui a guidé l’occident à assassiner le guide libyen : « Les e-mails de la secrétaire d’État de l’Administration Obama, Hillary Clinton, mis en lumière ensuite par WikiLeaks : États-Unis et France voulaient éliminer Kadhafi avant qu’il n’utilise les réserves en or de la Libye pour créer une monnaie panafricaine alternative au dollar et au franc CFA (la monnaie imposée par la France à 14 de ses ex-colonies). »

Après ce lâche assassinat du guide libyen, nous voilà donc dans le bourbier sahélien avec chaque jour son lot de terreur et désolation.

La victime et le bourreau sur le même pied d’égalité

 L’agence presse (AP) décrit la situation au Burkina Faso en ces termes : « La nation autrefois pacifique a été ravagée par la violence qui a opposé les djihadistes liés à Al-Qaïda et au groupe État islamique aux forces soutenues par l’État. Les deux camps ont pris pour cible des civils pris au piège, déplaçant plus de 2 million de personnes, dont plus de la moitié sont des enfants. »

Ici on met la victime et le bourreau sur le même pied d’égalité. La vérité c’est que quand les terroristes armés jusqu’aux dents arrivent dans les villages où il n’y a pas de camp militaire ou aucune présence administrative, symbole de l’état, et quand ils font crépiter les armes, les victimes ce sont des innocentes populations. Quand l’Etat envoie des militaires sur les lieux c’est pour protéger les mêmes populations. J’imagine difficilement comment ces militaires vont retourner les armes contre les populations qu’ils sont censés protéger. Certes il peut y avoir des dommages collatéraux comme c’est le cas dans toute guerre mais de là à accuser les forces de défenses et de la sécurité ( FDS) de tirer sur la populations est une insulte à  l’intelligence de ces derniers.  

L’exemple le plus récent est cette accusation grave contre les forces de défense et de la sécurité (FDS) du Burkina Faso par Human Rights Watch dans un rapport à propos des villages Nondin et Soro et qui stipule : « Les forces militaires au Burkina Faso ont tué 223 civils, dont des bébés et de nombreux enfants, dans des attaques contre deux villages accusés de coopérer avec des militants. »

Les autorités burkinabè ont démenti ces allégations. Permettez – moi de poser cette question et que chaque personne de façon honnête réponde. Le Burkina Faso compte plus de 20 millions d’habitants. Imaginons par exemple que tout un village de quelques centaines d’individus se transforme en terroristes contre 20 million de femmes, d’enfants et d’hommes, on fait quoi?

La reconquête du territoire national incombe à tout Burkinabè qu’il soit de l’intérieur ou de l’extérieur. Il en est de même pour les Maliens et Nigériens. Les tentatives de déstabilisation ne vont pas résoudre le terrorisme. Aujourd’hui au nom d’une certaine démocratie on se bat des mains et des pieds en utilisant tous les moyens pour renverser les régimes militaires dans les pays du Sahel. On oublie que c’est sous le règne des régimes « démocratiques » que le terrorisme s’est développé et a étendu ses tentacules un peu partout.

 Au Burkina Faso par exemple les premiers attentats terroristes ont eu lieu en 2015 alors que l’ancien président Rock Marc Christian venait d’être fraichement élu démocratiquement. Le terrorisme s’est aggravé durant son deuxième mandat.

 Au Niger l’ancien président « démocratiquement élu » Mohamed Bazoum a publiquement déclaré que les terroristes sont plus puissants que les armées du Sahel et qu’on ne peut pas les vaincre.

Ce sont là quelques exemples qui démontrent que la reconquête de nos territoires des mains des terroristes n’est pas une question de régime qu’il soit démocratique ou putschiste. Nous sommes tout simplement en guerre dont l’objectif primordiale pour ceux qui nous l’ont imposée est d’empêcher va que vaille notre développement aux plans économico socioculturels et politiques avec en clef de voûte le pillage et l’exploitation de nos ressources minières.

Ouvrir l’œil et le bon.

Nous devrons donc ouvrir l’œil et le bon pour ne pas se tromper d’ennemis. Lorsque les terroristes rentrent dans un village ou dans une ville, ils ne demandent pas à savoir qui est pro gouvernement ou de l’opposition, qui est musulman ou chrétien ou qui est traditionaliste avant d’ouvrir le feu sur la population innocente. Ils nous mettent tous dans le même sac.

Nous devons donc sortir de notre ignorance et mettre devant l’intérêt collectif au-delà de l’intérêt égoïste, cultiver l’esprit d’amour, de fraternité et d’amitié, et bannir la haine pour un vivre ensemble. C’est à ce seul prix que nous allons vaincre le terrorisme. Il ne faut pas se leurrer, les terroristes nous combattront peu importe celui qui sera au pouvoir à ne moins que ce dernier décide de leur confier nos territoires.

 Les terroristes n’ont pas d’amis. Ils n’ont que des intérêts. Que les pays qui les hébergent, les nourrissent, leur servent de base arrière pour qu’ils attaquent d’autres pays, le comprennent. Le président Burkinabè le capitaine Ibrahim Traoré a donné un exemple palpable pendant son discours devant les forces vives de la nation. Il a déclaré que sous le règne de l’ancien président Blaise Compaoré, le Burkina Faso a constitué de base arrière pour des terroristes qui attaquaient des pays voisins. Aujourd’hui le Burkina Faso est entrain de payer le prix.

Aux Etats – unis, le cerveau de celui qui a été à l’origine des attaques terroristes du 11 septembre 2001 contre les tours jumelles à New York et le Pentagon et qui a causé la mort de 2996 personnes, Osama Ben Laden serait un « produit » des Etats – Unis selon la presse américaine.

Osama Ben Laden

Les journalistes  Kate Zernike et Michael T. Kaufman du mainstream media le New York Times dans un article publié  le 2 mai 2011 écrivaient : « À travers le miroir du 11 septembre, il semblait ironique que les Américains et Oussama ben Laden aient combattu du même côté contre les Soviétiques en Afghanistan – comme si les Américains avaient en quelque sorte créé le monstre de Ben Laden en fournissant des armes et de l’argent aux Arabes. Le complexe de Tora Bora où se cachaient les membres d’Al-Qaïda avait été créé avec l’aide de la CIA comme base pour les Afghans combattant les Soviétiques. » Et d’ajouter : « Ben Laden lui-même a décrit le combat en Afghanistan de cette façon : « J’y ai reçu des volontaires venus du royaume saoudien et de tous les pays arabes et musulmans. J’ai monté mon premier camp où ces volontaires ont été formés par des officiers pakistanais et américains. Les armes ont été fournies par les Américains, l’argent par les Saoudiens. »

Eh bien, c’est le même Ben Laden qui a retourné plus tard les armes contre les Américains.

L’insécurité grandissante dans nos pays nous interpelle et nous invite à un sursaut patriotique. Bouchons nos oreilles aux sirènes qui sifflent à longueur des journées « démocratie » comme si la démocratie était l’apanage des maux qui gangrènent nos pays. Bien au contraire la démocratie tue plus de nos jours que les putschs. En 2010 en Côte d’Ivoire par exemple, la démocratie qui a porté Alassane Ouattara au pouvoir a tué 3000 personnes. Amy Niang, Cheffe du programme de recherche, Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique, est une sociologue sénégalaise. Elle dépeint la triste réalité de la démocratie sénégalaise qui a permis d’élire démocratiquement le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye : « En 2023, dans un contexte de grande agitation sur la validité d’un troisième mandat, Sall a cédé à la pression populaire, après de violentes manifestations. Celles-ci ont débouché sur la crise politique la plus grave depuis les années 1960, faisant plus de 60 morts et conduisant à l’arrestation de plus d’un millier de personnes. »

Cependant les coups d’états au Mali, Burkina Faso et au Niger se sont déroulés sans effusion de sang.

Loin de moi l’idée d’encourager les coups d’état. C’est tout juste pour dire que la démocratie telle que prônée par l’occident crée plus de problèmes en Afrique qu’elle ne les résolve.

Les récents développements de la situation sécuritaire dans le sahel avec l’attaque du village de Tin Zaouatine, non-loin de la frontière avec l’Algérie par des rebelles maliens soutenus par des terroristes et même ouvertement par un pays européen dit démocratique, l’Ukraine, vient une fois de plus confirmer la thèse selon laquelle nous sommes attaqués par des puissances extérieures utilisant des terroristes comme mode d’opération.

Le journal français Le Point précise : « Dans les mêmes vidéos analysées par le journaliste et spécialiste des mouvements djihadistes Wassim Nasr, on peut voir des combattants du JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans) lié à Al-Qaïda. Ils assurent avoir, eux aussi, participé à l’attaque. »

Et le journal ukrainien The Kyiv Independent ajoute : “ Andrii Yusov, porte-parole du renseignement militaire ukrainien, a déclaré le 29 juillet lors d’une émission télévisée que les services de renseignement ukrainiens avaient coopéré avec les rebelles au Mali. Les soldats touaregs « ont reçu des informations utiles, et pas seulement cela, qui leur ont permis de mener à bien une opération militaire réussie contre les criminels de guerre russes ».

Bazona Barnabé Bado

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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