40 ans à vie en prison pour un Burkinabè : Le film de ce qui s’est passé  

Le verdict du procès Romaric Guiébré est tombé le 13 décembre 2018 à 16 h heure locale de New York.

Romaric Guiébré est donc ce Burkinabè qui avait été reconnu coupable des 8 chefs d’accusation tournant autour de deux principaux crimes (viol sexuel et cambriolage) et dont nous avons fait cas dans nos éditions passées.

L’ambiance qui prévalait dans la salle de la Cour Suprême de Brooklyn quelques minutes avant le verdict final présageait quelque chose de mauvais. Des policiers armés jusqu’aux dents entrent dans la salle. Ils prennent position dans tous les sens. La juge l’honorable Dena E. Douglas, lunettes aux yeux, était concentrée sur ses paperasses. Quelques instants, Romaric menotté et escorté par deux policiers entre dans la salle par une autre porte.

Avant de prononcer la sentence, la juge Douglas demande aux avocats de la partie civile et de la défense s’ils avaient quelque chose à dire. « Oui » répond séance tenante les deux avocats de la partie civile. Elles appellent une jeune fille, la petite sœur de la femme qui accuse Romaric de viol sexuel et cambriolage à la barre. Elle a un témoignage à rendre : « … Ma sœur a souffert de ces crimes et elle ne sera plus jamais la même… », dit – elle. « Motion, » dit l’avocat de la défense qui estime qu’il n’est plus temps de faire des témoignages. La juge renvoie la jeune dame a sa place. Après avoir lu des articles sur le droit pénal, elle autorise la jeune femme à revenir à la barre. Elle revient donc avec les larmes presque aux yeux, la voix teintée d’émotion, elle décrit l’honnêteté, et l’exemplarité d’une femme battante dont la vie a été détruite après avoir été traumatisée. Après elle, c’est l’avocat de la victime qui prend la parole au nom de la maman de la victime qui dit que sa fille a perdu son boulot après ses évènements, et que sa vie ne sera plus jamais la même. Elle demande que la peine de 40 ans à vie prévue par la loi dans pareille circonstance soit appliquée dans toute sa rigueur.

Ce tableau est l’oeuvre de Romaric qu’il a réalisé au fond de sa cellule et qu’il a remis à son amie comme souvenir 

Après elle la juge demande à l’avocat de la défense s’il a quelque chose à dire. Ce dernier murmure à l’oreille de Romaric qui en quelques mots dit à une voix basse et émotionnelle qu’il est désolé de ce qui s’est passé tout en proclamant son innocence. « J’ai une maman, des sœurs et je n’ai jamais fait de mal à une femme, » dit – il avant d’ajouter qu’il n’a jamais eu de problème avec la justice.

Après, c’est son avocat lui-même qui intervient pour sa plaidoirie. Il demande la clémence du juge et dit que Romaric est trop jeune (22 ans) et qu’il n’a pas commis de meurtre pour mériter une telle peine. Il demande que Romaric soit rapatrié au Burkina Faso.

Après la plaidoirie de l’avocat de la défense, la juge prend la parole disant que la victime a été traumatisée et que sa vie ne sera plus la même. Elle dit que Romaric a donné trois versions différentes des faits et ceci le discrédite. Par conséquent, elle rejette la pétition de son avocat et   applique la loi dans toute sa rigueur. Elle lit donc que les peines requises par loi et concernant les 8 chefs d’accusation qui pesaient sur Romaric. Ce qui valait au total une peine de 40 ans a vie et c’est ce qu’elle a retenu et c’est le temps que Romaric doit passer désormais en prison.

En rappel, les faits remontent en 2016 lorsque Romaric qui avait été embauché dans une compagnie de nettoyage fut envoyé dans un domicile privé appartenant à une jeune femme juive de 29 ans. Deux semaines plus tard et en plein milieu de la nuit Romaric repart chez la femme en question. Les images de la caméra montrent une personne cagoulée rentrant dans l’immeuble où se trouve l’appartement de la femme. Des images qui ont été attribuées à Romaric. Arrivé dans la maison de la femme, une lutte s’est engagée entre Romaric et la jeune femme. Romaric s’en sort avec une profonde blessure au nez. La femme dit qu’elle a mordu Romaric. Ce que Romaric conteste disant que la femme l’a poussé alors qu’il arrangeait une table sur l’ordre de cette dernière. La femme l’a accusé donc de viol sexuel et de cambriolage. Concernant le vol, la femme accuse Romaric d’avoir pointé une arme à feu sur sa tête, retirant sa carte bancaire pour soutirer la somme de 400 dollars en deux tranches de 200. Romanic nie l’accusation et dit que c’est la femme elle-même qui lui a donné sa carte et qui lui a envoyé.  

Dans une vidéo de 90 minutes dans laquelle Romaric a subi une interrogation de deux détectives, il expliquait qu’il est allé chez la femme parce que cette dernière l’a méprisé en tant que noir. Romaric contre l’avis de son avocat s’est défendu directement nia certains propos qu’il a eu à dire dans la vidéo disant qu’il a été forcé par les détectives. Et c’est là qu’il a donné une version différente qui a aussi joué sur le verdict. Et c’est ce que la juge a d’ailleurs relevé. Sur le même sujet cliquez ce lien

https://www.theafricanjournalonline.com/un-burkinabe-devant-les-juridictions-a-new-york/

Bazona Barnabé Bado

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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