Abdoulaye Barry président du parti politique Nouvelle Génération Guinéenne aux USA averti le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya

Abdoulaye Barry est un Guinéen résidant à New York aux Etats- Unis d’Amérique. Président du Mouvement de la Nouvelle Génération Guinéenne, un parti politique qui a vu le en 2018, Monsieur Barry s’est prêté à nos questions relatives au coup d’état perpétré en Guinée son pays natal, et l’avenir de la démocratie en Afrique. Celui qui ambitionne devenir un jour le président de la Guinée averti le chef des putschistes le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya au cas ou ce dernier serait tenter de se présenter à une prochaine élection présidentielle en Guinée.

African Journal (AJ) :  Pouvez – vous vous présenter à nos lecteurs ?

Abdoulaye Barry (AB) :  je me nomme Abdoulaye Barry, titulaire d’un double diplôme en Finance et en ,science politique et actuellement  je poursuis un  master en Economie de Développement. Je suis le   co-fondateur et actuel Président du Mouvement de la Nouvelle Génération Guinéenne, qui est  un mouvement crée par de jeunes Professionnels Guinéens vivant aux USA.

AJ :  Le 5 septembre 2021, un coup d’état militaire renverse le président démocratiquement élu Alpha Condé. Le chef des putschistes est le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya jusqu’ici chef des forces spéciales. Il est désormais le président du Comité National du Rassemblement et du Développement ( CNRD ). Comment expliquez – vous ce recul de la démocratie en Guinée ?

AB :  Disons que la Guinée n’était pas un Etat démocratique pendant le règne de Alpha et surtout ces derniers mois , Alpha Condé s’est octroyé un 3e mandat illégal et illégitime. Il n’était donc pas démocratiquement élu. La démocratie a fortement reculé ces  dernière années, Il  faut rappeler que le peuple de Guinée s’était  opposé au changement de constitution. Plusieurs personnes sont mortes  lors de ses manifestations , malgré tout Alpha Condé s’est entêté à faire son 3e mandat en violation de toutes les lois de la république donc la Guinée n’était pas un Etat démocratique, c’est un coup d’Etat qui est venu enlever un régime illégale et illégitime.

 AJ : D’aucuns pensent qu’un coup d’Etat n’était pas la meilleure solution. Que répondez – vous a ces derniers ?

AB :   Disons que nous condamnons tous la prise du pouvoir par la force dans un Etat démocratique mais la Guinée n’était pas un Etat démocratique. Toutes les manifestations contre le 3e mandat avaient pour objectif d’interpeller Alpha Condé de ne pas prendre ce chemin puisqu’il y avait un risque que l’Armée prennent le pouvoir donc nous ramener encore en arrière. Personne ne souhaite un coup d’Etat dans son pays mais  les Présidents en exercice  occasionnent les prises du pouvoir par la force puisqu’ils ne respectent pas leurs serments, les lois de la République, et répriment les manifestations

AJ :  Et si on vous disait de choisir entre la modification de la constitution pour se présenter pour une nième fois à l’élection présidentielle et un coup d’état militaire pour renverser et remplacer un président démocratiquement élu ?

AB :   Comme je le dis, Alpha s’est octroyé un mandat de plus par la force.  Il  n’était pas démocratiquement élu donc son mandat était illégal et illégitime. Je préfère le respect de la loi. Notre constitution ne permettait pas à Alpha Condé de faire sauter la limitation des mandats pour s’octroyer un 3e mandat. Respectons la loi et nos États seront beaucoup plus stable et démocratique.

AJ :   Maintenant que les carottes sont cuites et que les militaires sont confortements installés au pouvoir, avez – vous espoir qu’ils vont organiser des élections libres, transparentes et crédibles en Guinée ?

AB :   Il ne faut surtout pas se précipiter à aller à des élections, il faudra éviter les erreurs du passé. j’espère que le Colonel mettra en place d’abord les fondamentaux , c’est une opportunité qui nous a été offerte pour donner un cap à la Guinée. Après cela on parlera d’organisation des élections  

AJ :    L’Union africaine, la CEDEAO, l’ONU , la France ,et  la Chine ont condamné le putsch et la CEDEAO a déjà brandi des sanctions contre la junte au pouvoir. Comment avez – vous accueilli la réaction de ces organisations et de ses pays ?

AB :    Disons que cela est classique venant de la communauté Internationale, il faudra aussi rappeler que cette  même communauté internationale notamment la CEDEAO avait fermé les yeux et valider le putsch constitutionnel de Alpha Condé. Aujourd’hui la CEDEAO a perdu sa crédibilité aux yeux de la population de la sous région

AJ :  Et si le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya décide de changer son treillis contre la veste et se présente à la prochaine élection présidentielle ?

AB : J’espère que le Colonel Doumbouya évitera de prendre ce chemin, le Capitaine Dadis Camara avait voulu prendre le même chemin , on connaît quelles ont été les conséquences. Le peuple aspire à de meilleures conditions de vie, un Etat démocratique, le respect des droits de l’homme. Le peuple observe le Colonel Doumbouya et reste mobilisé au cas où il déciderait de prendre ce chemin mais il me semble être un militaire suffisamment averti.

AJ :  Vous êtes le président de « Guinean New Generation Movement » Ou en français « Le Mouvement de la Nouvelle Génération Guinéenne » qui est un parti politique.  Etes – vous affiliés à un quelconque parti politique en Guinée ?

AB :  GNGM est un mouvement politique qui a été créé il y a plus de 3 ans par de jeunes Guinéens vivant aux USA et au Canada pour participer au débat socio – politique et économique en Guinée. Nous ne sommes pas affiliés à aucun parti politique, d’ailleurs nous militons pour un renouvellement de la classe politique Guinéenne, Ce renouvellement ne se fera seulement si les jeunes et la nouvelle génération s’implique fortement,  une nouvelle génération intellectuelle , bien formé, avec des ambitions et des vrais rêves pour amorcer le développement de la Guinee , le présent c’est nous et l’avenir se prépare maintenant

AJ :  S’il y a élection présidentielle en Guinée aujourd’hui, seriez – vous candidat?

AB :  Nous aspirons à diriger ce pays et tout Guinéen qui en a la capacité doit aspirer à contribuer au développement de la Guinée, et donc oui.

AJ :   Pourquoi l’on dit que le problème ethnique en Guinée aujourd’hui est un frein à la démocratie dans ce pays ?

AB :   L’ ethno-stratégie est un frein au développement notamment l’exclusion d’une ethnie au profit d’une autre. Il faudra faire comprendre aux dirigeants, les politiciens et le peuple de Guinée que la Guinée est composée de plusieurs ethnies, aucune ethnie n’est au-dessus de l’autre, et le plus important, la base de notre cohésion est le respect de la loi et aucune ethnie n’est au-dessus de la loi .

AJ : Certaines personnes disent que la démocratie est un luxe pour l’Afrique. C’est votre avis aussi ? Si oui pourquoi ? Et si non pourquoi ?

AB :   La démocratie  n’est pas un luxe pour le peuple Africain, le peuple aspire à avoir des Etats démocratique.  Les personnes disent que c’est un luxe parce que nous avons à la tête de la plupart de nos Etats des dictateurs, des chefs d’Etat qui n’ont aucun envi de mettre en place des Etats démocratique et de respecter la loi

AJ :  Votre mot de la fin ?

AB :  Je vous remercie, et j’ai espoir que cette fois –  ci la Guinée aura un projet démocratique, nos dirigeants pourront donner  un cap à la Guinée et amorcer le développement économique de la Guinée.

Bazona Barnabé  Bado

 

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