Association des Burkinabè de New York : Un nouveau bureau pour un nouveau départ. Mais aussi un « faux débat »

L’ancien bureau de l’association des Burkinabè de New York a passé le dimanche 9 Février 2020 le témoin au bureau entrant. C’est dans une salle fourmillant de monde et devant le Consul général du Burkina Faso à New York Monsieur Alain Kompaoré et du Consul général adjoint Apollinaire Ouédraogo que le président sortant Tomi Regis Zongo, ancien président de l’association a serré cordialement et fraternellement la main de Hermann L. Somé président entrant, symbolisant ainsi la passation de charge au nouveau bureau fraîchement élu.

Après avoir félicité, et salué Hermann Somé le nouveau président de l’association pour « sa victoire éclatante, » remercié tour à tour le bureau sortant, le comité d’organisation, l’ensemble de la communauté,  et le conseil des sages, Monsieur Kompaoré a déclaré à l’endroit du conseil des sages :  « je les prend un peu comme la locomotive. » Et d’ajouter : « Ils ont tracé les sillons et je souhaite qu’ils soient au côté de Hermann Somé … » A l’endroit du nouveau bureau il dira comme pour leur prodiguer des conseils d’être à l’écoute des anciens : « Les jeunes savent courir mais ils ne savent se cacher, » a t – il dit.

Et le conseil des sages par la voix de leur porte-parole, Mustapha Diaoune,  a appelé à un nouveau départ, au pardon, et à la tolérance. « Que le passé soit du passé, » a – t – il conclut.

Après avoir félicité et formule ses vœux de réussite au bureau entrant, Tomi Zongo le président sortant a témoigné sa « profonde gratitude à l’équipe qui m’a accompagné. » Il a aussi invité toute la communauté à adhérer massivement à l’association, et a suggéré au nouveau président à s’atteler à la réconciliation.

Hermann Somé le président entrant a tenu à remercier toute la communauté, le conseil des sages, et le Consul général pour leur soutien effectif. Il a aussi remercié Askia Boukary Sigué et son équipe qui n’ont pas eu la chance d’être élus. Il leur a tendu la main pour qu’ils travaillent ensemble. «  C’est une question de vision sinon nous avons ensemble à cœur le bien-être de la communauté, » a – t – il déclaré. Il a aussi invité l’ensemble de la communauté à se mobiliser derrière la nouvelle équipe. « Seuls nous ne pouvons pas faire le changement. » Et d’ajouter : « Nous sommes jeunes et c’est ensemble que nous allons bâtir une communauté forte. » Il a aussi exprimé son désir à travailler en partenariat avec le consulat.

 Le délégué CSBE Adama Ben Gaston Sawadogo a félicité le bureau sortant et a invité le nouveau président à se référer de temps à autre à l’ancien président qui a acquis de l’expérience.

La parole a été également donné aux diffèrent leaders religieux, et aux uns et aux autres qui pour bénir, qui pour prodiguer des conseils et qui pour apporter son soutien.

Le conseil des sages qui a fait un bilan sommaire des cotisations que les Burkinabè de New York sont en train de faire afin d’aider les forces de défense et de la sécurité ( FDS) a invité les uns et les autres à continuer à faire parler leur cœur.

 

           Un faux débat

Je suis journaliste mais je suis aussi membre de la communauté. C’est à titre que j’ai demandé la parole pour soulever un problème que d’aucuns ont appelé « un faux débat. »  Cela fait la quatrième fois que j’écris sur le sujet. Et tout a commencé il y a une dizaine d’années de cela. Et l’ancien ambassadeur du Burkina Faso à Washington D . C Seydou Bouda avait à son temps résolu le problème.

De quoi s’agit-il au juste ? il s’est trouvé que la majeure partie des intervenants se sont exprimé dans une de nos multitudes langues nationales. J’ai dit pour le « nouveau départ dont on parle il fallait aussi évoluer avec cet état d’esprit. Lorsque j’écrivais là-dessus une dizaine d’années de cela, certaines personnes avaient dit à l’époque d’empêcher la presse de couvrir les activités de l’association. Le temps m’a donné raison : il y a aujourd’hui la création des associations à caractère régionaliste dont certaines sont devenues mieux organisées,  structurées et très dynamiques que l’association des Burkinabè de New York qui était devenue l’ombre d’elle-même.

 J’ai évoqué le problème de peur que les mêmes causes ne produisent les mêmes effets et dans le souci de voir la concrétisation réelle de l’unité dont nous appelons tous de nos vœux. Il y a deux mois de cela et dans la même lancée,  j’avais suggéré lors d’une réunion qu’en lieu et place de l’association qu’on crée une fédération où on remet les compteurs à zéro avec des nouveaux statuts et règlement et intérieur pour un vrai nouveau départ.

J’ai particulièrement loué la composition actuellement du nouveau bureau qui regroupe à son sein des représentants des communautés religieuses et des différentes associations régionales.

Tout le monde parle de l’engouement qu’a suscité l’organisation des élections de cette année. Et c’était la première fois de son histoire que la communauté Burkinabè de New York s’est intéressée aux élections.  Personne ne s’est pas posé la question pourquoi un tel engouement. La réponse est simple : C’est le fait d’avoir impliqué toutes les communautés sans distinction aucune. C’est pourquoi dans les réunions il faut également tenir compte de cet aspect.

Je ne suis pas contre la promotion de nos langues nationales mais nous devons trouver un cadre propice pour cela également. Même dans certaines réunions des associations régionales on interdit les uns et les autres de parler leur dialecte. Prenons par exemple le cas des gourounsis que je connais bien. Quand ils se retrouvent on a les Lyele, les Nuni, les Ko, et bien d’autres. Pour éviter les frustrations on ne tient pas compte de qui est majoritaire mais on tient compte surtout de ce cocktail ou mieux de cet ensemble pour une communauté plus harmonieuse en parlant le français qui est un mal nécessaire.

Lorsque j’ai évoqué le problème, un ami m’a approché pour me dire que c’est un faux débat qui a tout de même suscité illico des réactions. Et il m’a dit : « Voilà la solution et il faut écrire ça. » Et voilà sa solution à lui : « Si on parle celui qui ne comprend pas soulève la main et on traduit en français pour lui. » A côté de lui il y avait un autre Burkinabè qui avait aussi sa solution. Et la voilà sa solution à lui : « Je pense qu’on va adopter les trois principales langues nationales qui sont le mooré , le dioula, et le fulfuldé . » Les deux positions prouvent en effet que ce n’est pas un faux débat mais un problème réel qu’il faut vaille que vaille résoudre. Sinon je vous assure sans être un oiseau de mauvais augure qu’on reviendra à la case de départ.  

Bazona Barnabé Bado

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