Côte d’Ivoire : l’épiscopat proteste contre des pratiques indécentes de prostituées africaines à Dubaï

À l’ouverture de la 121e Assemblé plénière de l’épiscopat ivoirien, son vice-président a dénoncé des pratiques révélées par les réseaux sociaux, qui secouent l’opinion en Côte d’Ivoire. Réunis à Bingerville (Abidjan) jusqu’au 22 mai, les archevêques et évêques ivoiriens réfléchissent autour du thème « Solidarité et missions des services de l’Église en Côte d’Ivoire ».

« La fête des mères que nous nous apprêtons à célébrer devait être l’occasion d’une protestation vigoureuse contre cette abomination exécrable qui prend sa source d’une part dans la pensée qu’il y a des sous-hommes qui ne méritent même pas le traitement des animaux, d’autre part dans la recherche de l’argent en vitesse, sans effort, et d’un luxe insolent », a estimé, mardi 17 mai, Mgr Jean-Jacques Koffi oi Koffi, évêque de San Pedro (ouest) et vice-président de la Conférence des évêques catholiques de Côte d’Ivoire (Cecci), à l’ouverture de la 121e Assemblée plénière de l’épiscopat.

Début mai, plusieurs vidéos relayées sur les réseaux sociaux décrivant le phénomène dit « Porta Potty », dans lesquels des femmes africaines s’adonnent à la prostitution avec des pratiques scatophiles ont profondément choqué en Côte d’Ivoire. D’autant plus que, selon certaines informations, parmi ces femmes pratiquant ce type d’actes indécents figurent des Ivoiriennes.

« Les nouvelles qui font état d’un esclavage sans précédent de certaines femmes ivoiriennes nous laissent sans voix, déplore l’évêque qui rappelait le contexte social dans lequel se tient leur Assemblée plénière. L’indignation que provoque le déshonneur du phénomène Porta Potty devait nous faire craindre l’éventualité de telles abominations dans notre pays. »

Trafic de drogue, guerre, réconciliation

Autres faits sociaux soulignés par Mgr Koffi oi Koffi : les importantes quantités de drogues saisies en Côte d’Ivoire au mois d’avril (plus de 2 tonnes à Abidjan et San-Pedro, NDLR), les coups d’États au Mali, en Guinée et au Burkina Faso, et la guerre de la Russie en Ukraine « qui semble plutôt chercher à enrôler le monde entier ».

Dans cet environnement social qu’il a dépeint dans son discours d’ouverture, le vice-président de la Cecci explique que la Côte d’Ivoire « cherche ses marques et la voix d’une sortie définitive de crise qu’elle a connue. » « En parcourant la Côte d’Ivoire, l’on a l’impression d’être dans un pays en chantier tous azimuts, souligne-t-il. Tous ces travaux ne sauraient faire oublier un chantier dont dépend la pérennité du premier : celui de la réconciliation. »

A cet effet, même si avec la poursuite du dialogue politique entre le pouvoir et l’opposition « la réconciliation semble avoir amorcé une phase qui augure d’un lendemain plus radieux », l’évêque estime que « beaucoup reste à faire pour résoudre le récurent problème de la cherté de la vie, moraliser la vie sociale qui semble s’installer dans un laxisme intolérable. »

Synodalité et missions

La 121e Assemblée plénière qui s’est ouverte à Bingerville (Abidjan) porte sur le thème « Solidarité et missions des services de l’Église en Côte d’Ivoire ». Elle consistera en l’examen des rapports des services et aumôneries supervisés par les commissions épiscopales.

Jusqu’au 22 mai, les archevêques et évêques ivoiriens étudieront les rapports transmis par les secrétaires exécutifs et aumôniers nationaux en vue de prendre des résolutions pour redynamiser les services de l’Église ivoirienne engagée dans un plan stratégique quinquennal axé sur la communion et l’autonomie financière. Le choix de ce thème permettra « d’anticiper l’évaluation » de ce projet pastoral lancé en 2017 et dont le bilan est prévu en 2023.

L . C

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