Crash du vol AH5017 d’Air Algérie : 4 ans après le drame, Bassirou YAMEOGO immortalise sa femme et son garçon

By : Victor BASSOLE

C’est à travers un récit autobiographique que Bassirou YAMEOGO, un des parents des 116 victimes de la tragédie du 24 juillet 2014 rend hommage à son épouse et à son garçonnet de 13 ans. Publié aux éditions Saguenay, le livre a été officiellement présenté à la presse ce jeudi 11 Octobre 2018 à Jonquière dans la province du Québec au Canada où réside l’auteur.

 « Du rêve au cauchemar » c’est le titre de la toute première œuvre littéraire de Bassirou YAMEOGO. Natif de Koudougou troisième ville du Burkina Faso, il a émigré au Canada en 2012.

Alors que tout était prêt pour recevoir sa famille et commencer une vie de son rêve, c’est plutôt le cauchemar qui a été réservé à cet ancien fonctionnaire du ministère de l’enseignement de son pays d’origine le Burkina Faso. Le destin en avait décidé autrement. L’avion qui doit lui amener sa femme et son fils s’écrase dans le Nord du Mali. Des 116 passagers, il ne restera aucun survivant.

 C’est cette amertume, ces questionnements sans aucune réponse, ce fardeau à la limite insupportable que l’auteur dépeint dans cette œuvre.  

Il y explique avec précision et émoi les conditions pénibles dans lesquelles il a vécu le drame : « Je raccrochai et peu après mon frère cadet, qui les avait accompagnés à l’aéroport, m’appela pour me dire qu’il a appris à la télévision qu’Air Algérie a perdu le contact avec un de ses avions parti de Ouagadougou.

Je venais de recevoir la gifle qui allait me plonger dans le cauchemar pour le restant de mes jours. J’avais subitement de la fièvre, je tremblais, je transpirais et je frissonnait de froid. Je n’étais plus en mesure de m’habiller ni de me tenir sur mes jambes. »

Les amis de l’auteur n’ont pas marchandé le déplacement pour venir le soutenir

Comme si cela ne suffisait pas, la supercherie, le mépris et voire la cruauté de la compagnie aérienne Air Algérie à l’endroit des familles des victimes ont contribué à aggraver la peine de l’infortuné et à le maintenir dans le calvaire moral et physique : « Depuis décembre 2015 je suis en arrêt de travail compte tenu de mon état de santé dû au traumatisme que j’ai subi, » mentionne l’écrivain.

Sont également relatées dans l’œuvre, les raisons du crash. Il y explique, preuves à l’appui qu’il ne s’agit ni plus ni moins d’une « erreur de pilotage » mais une négligence de la compagnie qui a entre autres ignoré le courrier d’un membre de l’équipage faisant état d’une fatigue morale et physique dont il présentait.

« Du rêve au cauchemar » loin d’être une fiction, est une histoire vraie que l’auteur continu de vivre. En témoigne cet extrait du livre : « Je fais l’effort de paraître bien avec mon entourage mais je vis le martyr lorsque je me retrouve seul. Il m’arrive de pleurer jusqu’à m’endormir la nuit. L’incendie qui a pris naissance en moi le 24 juillet 2014 me consume sérieusement. Je pense beaucoup quand je ne suis pas occupé. Même occupé, il m’arrive d’être absent d’esprit. Je me demande souvent pourquoi je vis. C’est difficile à accepter, mais je me parle, je me parle à moi-même pour me convaincre que c’est égoïste de ne pas continuer à vivre. »

Bassirou YAMEOGO relate également dans cette œuvre, son engagement depuis l’avènement du drame à œuvrer pour soutenir et soulager la veuve et l’orphelin, en sommes les personnes démunies. C’est ce qui l’a conduit à créer la fondation Bouba et Kadi au Canada et l’Association Bouba et Kadi au Burkina Faso. « En donnant aux veuves, je donne symboliquement à ma femme, en donnant aux orphelins, je donne symboliquement à mon garçon, » foi de l’auteur.

Bassirou YAMEOGO entend publier une seconde partie « Du rêve au cauchemar » après la procédure judiciaire avec la compagnie Air Algérie. Procédure qui peine à connaître un dénouement compte tenu de la mauvaise foi de cette compagnie aérienne quand bien même elle ait reconnu son tort dans ce drame qui a détruit la vie d’une centaine de familles, s’est indigné l’auteur.

 

 

 

 

 

 

 

2 Replies to “Crash du vol AH5017 d’Air Algérie : 4 ans après le drame, Bassirou YAMEOGO immortalise sa femme et son garçon”

  1. Il n’y a rien de plus important pour un homme que de rendre hommage à sa regretté et son enfant qui ont perdu la vie dans des conditions pénible et douloureuse.De là où ils se trouvent,ils seront contents de vous. Paix à leurs âme s.

  2. Il n’y a rien de plus important pour un homme que de rendre hommage à sa regretté et son enfant qui ont perdu la vie dans des conditions pénible et douloureuse.De là où ils se trouvent,ils seront contents de vous. Paix à leurs âme s.

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