Editorial : Lutte contre le terrorisme au Burkina Faso : Monsieur le Président Kaboré, en attendant que notre armée soit reconstruite …

La situation sécuritaire au Burkina Faso interpelle plus d’un ou du moins tous ceux qui sont épris de paix. Le pays des hommes intègres tout comme son voisin le Mali semble devenir l’épicentre du terrorisme au niveau continental.

 

Pas un jour ne se passe que ces fous de Dieu ou du moins ces agents de satan ne sèment la terreur au sein des populations innocentes dans plusieurs endroits du pays. Le gouvernement est dépassé par la gravité de la situation et le président Roch Marc Christian Kaboré multiplie les discours et les initiatives chaque fois que l’ennemi commun nous attaque pour remonter la morale du peuple Burkinabè. La dernière initiative est cet appel pour le recrutement des volontaires pour aider à contrer l’avancée des terroristes dans un contexte où la France joue un rôle de premier plan et où les autorités soutiennent que les moyens que nous disposons sont dérisoires pour faire face à un ennemi qui a plusieurs visages.

 « Le concours qu’on nous apporte actuellement n’est pas suffisant . Comment se fait – il que quelques groupes nous emmerdent et qu’on n’arrive pas à les éradiquer malgré tous les moyens modernes ? » déclarait dans un journal de la place   Clément P. Sawadogo le 2e Vice – président   du Mouvement du Peuple pour le Progrès ( MPP) parti au pouvoir. On murmure cependant que le Burkina Faso disposerait des moyens ( les armes ) qu’il faut pour faire face aux terroristes mais que les autorités craindraient  que ces armes ne tombent entre les mains des soldats qu’on ne maîtrise pas surtout dans une « armée Burkinabè désorganisée » pour reprendre la terminologie de l’ambassadeur de la France au Burkina Faso.

Ce qui pourrait dire que nous n’utilisons pas tous les moyens dont nous disposons pour lutter contre ces mécréants par crainte ou par peur. Nous sommes pourtant en guerre. Une guerre qui va s’inscrire dans la durée si nous ne nous investissons pas avec corps et âme. Nous avons l’obligation de gagner car il s’agit de sauver notre patrie qui doit rester indivisible. C’est pourquoi nous devons “coûte que coûte, vaille que vaille trouver les solutions idoines pour libérer notre pays. Le ver est déjà dans le fruit et il faut chercher à le détruire avant que le fruit ne pourrisse entièrement. Dans cette guerre les résultats sont plus importants que les causes. Nous devons cesser les accusations de part et d’autre et s’attaquer réellement à la racine du mal. Si nous avons des preuves qu’un Burkinabè travaille de connivence avec les terroristes qu’il soit arrêté et traité comme tel.

Nous aimons singer les occidentaux dans leurs habitudes vestimentaires et dans certains de leurs comportements même quand ça va à l’encontre de nos valeurs. Nous sommes incapables de faire autant quand notre pays est en danger. Les occidentaux savent taire leurs différences politiques quand il s’agit de la sécurité de leur pays. Quand un terroriste à la main sur la gâchette, il ne demande pas de quel parti politique vous êtes avant de vous anéantir pour toujours.

 Monsieur le Président, en attendant que notre armée soit reconstruite, et que nous ayons confiance en cette armée, je voudrais faire une proposition en lieu et place des volontaires. D’abord je suis animée d’une grande crainte que les résultats que vous escomptez en recrutant ces volontaires ne produisent l’effet contraire. Et pour cause, ces volontaires pour ceux qui ont vécu la période de la révolution d’août  1983, ne sont qu’une photocopie des Conseils de Défense de la Révolution ( CDR). Si on a loué en parti les bienfaits de ces CDR, c’est parce que le contexte était différent de celui d’aujourd’hui. En effet, sous la révolution, c’était l’ère du parti unique. On dormait avec la Révolution et on se réveillait avec la Révolution. Aujourd’hui nous sommes dans un contexte de démocratie avec une multitude de partis politiques dont la maturité politique de certains leaders pose de sérieux problèmes. J’ai la peur au ventre que ces volontaires ne soient manipulés et utilisés à des fins politiques. Toute chose qui risque de porter un coup dur à la cohésion sociale et à notre vivre ensemble.  

L’exemple d’un  juge ( Roi) Israélien dans les Ecritures Saintes peut nous inspirer. Ce juge s’appelait Gédéon et régnait sur Israël à l’époque où un groupe d’individus appelé Madian faisait régner la terreur au sein des populations Israéliennes. Ils détruisaient tout sur leur passage. Gédéon décida d’enrôler 22000 Israéliens pour combattre les Madian. Dieu lui dit que 22 000 soldats était un grand nombre. Gédéon choisit alors 10 000 parmi les 22000 soldats.  Dieu lui dit que c’est encore trop. C’est ainsi que Dieu lui montra le chemin à suivre.  Les 10 000 soldats sont envoyés au bord d’un cours d’eau où ils devraient boire de l’eau. Dieu lui avait dit de choisir tous ceux qui vont boire l’eau en la portant à la bouche avec leurs mains et ils étaient au nombre de trois cents ( 300) qui furent choisis.

En effet, dans les moments incertains il faut faire recours à Dieu. Voici un scenario : on pouvait par exemple demander aux religieux ( Protestants, Catholiques, Musulmans ) et à la chefferie traditionnelle de prier pour un bout de temps, peut être jeûner. Après quoi on écrit les noms de tous les soldats sans discrimination sur des bouts de papier pour faire un tirage au sort afin de choisir des soldats qui seront formés et entrainés pour combattre l’ennemi. L’homme peut nous trahir mais Dieu ne nous trahira jamais.

  AFP/ PHOTO / Ahmed OUOBA

Pour la formation, il faudra éviter que ceux qui forment les terroristes ne soient les mêmes qui vont former ceux qui seront choisis de peur qu’ils soient moins formés ou que les techniques soient dévoilées à l’ennemi.

Aussi devons – nous continuer de demander à la France non seulement son soutien inconditionnel mais aussi lui dire de ne pas nous mettre sous le même pied d’égalité avec les terroristes. J’ai vu récemment des images qui circulaient sur les media sociaux exhibant les 13 soldats français   qui sont morts par suite d’une collision aérienne au Mali où on ironise en écrivant ceci : « Ils sont morts pour la France, » une autre façon de dire qu’ils sont morts pour les Maliens.

Peu importe le nombre des soldats français qui sont morts dans la lutte contre le terrorisme en Afrique. La France ne pourra jamais récompenser l’Afrique en générale ou le Burkina Faso en particulier. Sont – ils combien d’Africains morts en France pour libérer cette France du Nazisme ? Mon grand – père par exemple a été un tirailleur Sénégalais. Il a combattu pour libérer la France pendant la deuxième guerre mondiale. Il est revenu du front avec seulement un manteau qu’il accrochait au mur de la case de ma grand-mère et sous lequel il nous enveloppait, nous ses petits-fils quand il faisait froid pendant les mois de Décembre. S’il avait eu une pension il aurait dû nous payer des habits contre le froid. Il est mort à l’âge de 89 ans sans une reconnaissance quelconque de la France. Je me souviens encore quand il nous racontait comment l’homme blanc et l’homme noir criaient tous les deux lorsque les balles des Nazis sifflaient par-dessus les têtes. J’ai encore une mémoire fraîche quand il nous racontait comment l’homme blanc et l’homme noir atteints par les balles assassines des « Nazistes » râlaient tous les deux avant de rendre leur dernier souffle.

C’est donc une obligation morale et un devoir de gratitude pour la France  d’aider mon pays à nettoyer ces ordures qui nous empêchent de respirer avec ou sans accords.   

Bazona Barnabé Bado

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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