Election 2020 : La diaspora plaide pour leur implication dans la gouvernance au Faso

Plus de doute ! Roch Marc Christian Kaboré rempile pour un second et dernier mandat à la tête du Burkina Faso. Après la confirmation de sa victoire par le Conseil constitutionnel, le président sortant a prêté serment le lundi 28 décembre 2020 au palais des sports à Ouagadougou pour un dernier bail de 5 ans. Que fera-t-il désormais de ses cinq (5) dernières années de présidence ? Les Burkinabè des USA ont déjà leurs idées.

Après le premier mandat de Roch Marc Christian Kaboré, certains Burkinabè sont restés sur leur faim surtout sur le plan sécuritaire. D’aucuns prévoyaient une défaite du président sortant. Sauf que le verdict des urnes a été sans appel : une victoire pour le candidat du MPP qui surclasse ses adversaires avec le score de 57,74%. Une victoire qui s’explique par le fait que Roch Kaboré soit « le meilleur candidat parmi ceux qui se sont présentés » indique Floriane Oubda, Burkinabé vivant dans le Nebraska aux Etats Unis. Un quinquennat de plus donc pour le Président Kaboré, avec sans conteste de nombreuses attentes à assouvir.

Florians Oubda

Pour la diaspora burkinabè vivant aux Etats Unis, les attentes sont immenses et ils attendent des signaux forts de la part du Président du Faso. D’office, ils sont plusieurs Burkinabè vivant aux Etats-Unis à n’avoir pas été surpris par la réélection du Président du Faso. « J’ai accueilli la réélection du Président Kaboré sans trop de surprise mais avec satisfaction » nous a laissé entendre Benoit Yanogo, Burkinabè résidant à New York. Pour lui, « c’est le choix de la grande majorité qui s’est traduit par les urnes ». Et à Nestor Koudougou de renchérir qu’en tant que président en exercice, sa réélection n’en est pas une surprise surtout qu’on est en Afrique ou la réélection des présidents en exercice passe comme une lettre à la poste.

Benoit Yanongo

Si dans leur majorité les Burkinabè contactés saluent la réélection du Président Kaboré, leurs attentes vis-à-vis de la prochaine équipe sont fortes. Ces attentes sont surtout orientées vers la sécurité et la lutte contre la corruption. Floriane Oubda appelle à une meilleure gestion du terrorisme qui endeuille des familles depuis quelques années. En outre, Franck Kaboré premier responsable de l’ONG Bethel Hamliri pense qu’il y a également lieu de travailler à résoudre ces questions de lenteurs administratives, réviser le code minier et instaurer un système de primes de rendement aux niveaux de la santé et de l’éducation.

Réconciliation nationale, un sujet d’intérêt pour la diaspora

D’autres sujets que les Burkinabè de la diaspora expriment comme attentes pour les cinq prochaines années, ce sont les questions de la réconciliation nationale, la célérité dans la gestion des dossiers judiciaires emblématiques mais aussi la continuité de projets et de la valorisation de nos valeurs endogènes. Pour ce qui est de la réconciliation nationale, certains plaident pour une réconciliation assortie du tripe type vérité-justice-réconciliation. Et pour Nestor Koudougou, il pense qu’« il faut donc travailler à réconcilier les différentes couches de la société burkinabè afin que chacun puisse apporter sa contribution, son expérience et son expertise pour la reconstruction du pays ». Mais à la seule condition « que ceux qui se reprochent quelque chose aient aussi le courage de demander pardon pour qu’on puisse avancer ». Certes, Roch Marc Christian Kaboré est au début de son second mandat constitutionnel mais Benoit Yanogo pense déjà qu’il est également temps pour le Président du Faso de travailler pour mettre en place un climat favorable à une transition démocratique et apaisée au bout de son mandat car dit-il, « la transition est souvent le motif premier de l’instabilité dans nos pays ».

Nous existons, nous voulons être écoutés, nous voulons participer…

Si certains Burkinabè saluent des actes des autorités à l’endroit des Burkinabè de la diaspora tels que la concrétisation du vote des Burkinabè de l’étranger ou encore la mise en place de la cité  de la diaspora, ceux des autres Etats tels que le Nebraska plaident pour l’extension du droit de vote de la diaspora vers les Etats de l’intérieur. En effet, les attentes des Burkinabè des USA sont multiples et multiformes. « Nous existons, nous voulons être écoutés, nous voulons participer au débat politique et développemental » a résumé Nestor Koudougou les attentes des Burkinabè de la diaspora.

Nestor Koudougou

Des attentes des Burkinabè vivant au pays de l’Oncle Sam, il y a aussi le besoin de plus de proximité des autorités ou de leurs représentants avec les ressortissants Burkinabè et une diligence dans le traitement des actes administratifs dont le renouvellement des passeports. En outre, Benoit Yanogo de son côté propose la création d’une banque où la diaspora sera la principale actionnaire.  « Nous ne pouvons pas nier que la diaspora Burkinabè vivant aux USA a un impact très grand et positif sur le Burkina Faso. Les ressources financières qui rentrent au Burkina Faso grâce à la diaspora sont considérables » ajoute son compatriote Nestor Koudougou. « Malheureusement, les initiatives des Burkinabè de la diaspora ne sont pas soutenues par  l’Etat. Déjà qu’aux USA la vie n’est pas facile et s’il faut braver le froid, la neige, le racisme, etc. pour aller souffrir dans ton propre pays pour investir, cela démotive et freine l’élan des Burkinabè de la diaspora » a-t-il déploré.

Wend Tin Basile Sam

 

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