Election du président de l’Association des Burkinabè de New York : Voici la personne qu’il faut voter

Les Burkinabè de New York vont élire le 19 janvier prochain le président de l’Association des Burkinabè de New York pour être en adéquation avec les statuts et règlement intérieur après que le mandat du bureau sortant est arrivé à son terme depuis plus d’une année laissant ainsi un vide juridique.

Alors que deux personnes Hermann Somé et Askia Sigué sont pour le moment les seuls qui se sont déclarés officiellement comme candidats pour diriger la destinée de quelques milliers de Burkinabè résident à New York. La question qui taraude les esprits et que beaucoup de gens posent est celle – ci : Qui faut – il voter ?

Mon intention n’est pas de designer pour vous le candidat qu’il faut mais de vous aider à choisir vous-mêmes le président idéal dont nous aspirons tous. Celui qui sera à notre écoute, qui travaillera à nous unir plutôt qu’à nous diviser ; celui qui travaillera pour l’intérêt de tous et non pas pour ses intérêts personnels ; bref celui qui fera les vrais diagnostiques afin de détecter la maladie dont souffre l’association depuis longtemps et apporter ainsi les soins qu’il faut.

Il y a plus d’une décennie que j’écris non pas seulement pour la communauté Burkinabè des Etats – Unis mais aussi pour celle de l’Afrique à New York. J’ai été pendant longtemps le représentant de « Le Fasonet, » aux USA et que tous les Burkinabè connaissent bien. J’ai également été l’un des journalistes de « Le Griot » qui était un journal communautaire Africain et qui était publié à New York. C’est après mes études universitaires en journalisme à New York que j’ai créé « The African Journal, » un journal bilingue qui s’est donné comme mission de raconter le vécu quotidien de la diaspora Africaine dans son entièreté et plus particulièrement celle des USA.

J’ai donné ces détails pour signifier que je connais très bien la communauté Burkinabè de New York et que je suis bien placé pour faire des critiques objectives qui pourront vous aider dans votre choix le 19 janvier prochain.

L’un des problèmes qui mine notre association et qui revient régulièrement c’est le fait qu’elle est trop politisée alors que les statuts et règlement intérieurs disent qu’elle est apolitique. Certains de ceux qui ont été à la tête de l’association l’ont utilisée dans le but d’atteindre leur agenda politique. Lors de la dernière rencontre du président Rock Marc Christian Kaboré à New York en septembre dernier, un Burkinabè avait dit que toutes les associations sont politiques. Et le président de répondre : « les associations ne doivent pas être politiques. »

Aussi depuis le règne de Blaise Compaoré la communauté Burkinabè de New York n’a cessé de dénoncer publiquement certains diplomates qui viennent diviser la communauté par le truchement de l’association. A toute la première rencontre avec le président Rock, un Burkinabè est revenu là-dessus en ces termes : « Ne nous envoyez plus des diplomates qui viennent nous diviser. »

L’association souffre aussi de son unité depuis plusieurs années et peut – être le contexte dans laquelle elle était créée pouvait en partie l’expliquer. En 2011,  je dénonçais déjà dans mes écrits que certains Burkinabè de New York se sentaient marginalisés quand ils participaient à une réunion de l’Association des Burkinabè de New York lorsqu’on optait de parler uniquement dans une seule langue vernaculaire. Je louais le fait qu’il était bien de promouvoir nos langues nationales mais quand une association est censée regroupée toute une communauté d’une soixantaine d’ethnies qui fait d’ailleurs notre force, il était sage d’adopter quelque chose qui nous unit. Ce qui n’avait pas plu à certaines personnes et lors d’une réunion d’un groupe restreint, un des participants avaient proposé d’interdire la presse de couvrir les évènements liés à l’association. Chapeau à l’ancien ambassadeur du Burkina Faso à Washington D.C , Seydou Bouda qui est venu à New York tranché le problème lorsque malgré mes écrits, un Burkinabè lui intimant l’ordre de parler dans une langue vernaculaire lors d’une rencontre avec la communauté. L’ambassadeur opposa un non catégorique. Cela fait déjà presque une dizaine d’années.

L’une des conséquences d’un tel agissement est la prolifération des associations à caractère régionaliste qui ont ravi la vedette à l’association des Burkinabè de New York. Et du coup le problème de sa légitimité face aux autres associations se pose. Légalement parlant, elle n’est pas au-dessus des autres associations si minimes soient – elles. Car les autorités locales qui ont délivré à l’association des Burkinabè de New York son récépissé de reconnaissance sont les mêmes autorités qui ont accordé aux autres associations leur récépissé de reconnaissance. Par conséquent, toutes les associations sont sur le même pied d’égalité. Mais l’association des Burkinabè de New York jouit de son droit d’aînesse.

Aujourd’hui tous sont unanimes que nous avons un destin commun et que notre unité doit être plus qu’une priorité. C’est cette soif d’unité qui a guidé certaines personnes à proposer que l’on tienne compte de la configuration actuelle de notre communauté pour l’élection d’un bureau a caractère multiforme et multidimensionnel. Je salue là le délégué CSBE de New York Ben Gaston Sawadogo qui a eu cette géniale idée, Issoufou Ouédraogo qui veille au grain sur ces élections, Mustapha Diaoune membre du conseil des sages, qui est au four et au moulin, les leaders des autres associations qui ont donné de leur temps et de leur savoir pour relire les statuts et règlement intérieur de l’association pour les conformer avec la réalité du moment.

C’est pourquoi ces élections doivent être prises au sérieux et c’est pourquoi nous devrions tous voter. A ce niveau les expériences passées doivent nous guider dans notre choix. Evitons de voter une équipe qui va ressembler à une secte dans laquelle seuls « les initiés » sont au courant de tout et les autres sont tenus à l’écart. Votons un président qui décroche les téléphones quelle que soit la personne qui appelle. Donc choisissons un président qui ne fait pas de discrimination aucune. Si on n’est pas un rassembleur avant d’être élu président, on ne peut pas l’être après. Evitons de voter un président qui convoquera des réunions qui vont se terminer en queue de poisson avec des coups de poings à l’air.

Nous devons élire un président qui véhiculera l’information à toute la communauté mais pas celui qui informe seulement un club d’amis.

Que tout le travail qui a été fait, tous les sacrifices qui ont été consentis ne soient pas vains. Ils le seront certainement si nous faisons le mauvais choix. La balle est dans notre camp.

Bazona Barnabé Bado

 

 

 

One Reply to “Election du président de l’Association des Burkinabè de New York : Voici la personne qu’il faut voter”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *