Election présidentielle au Cameroun : File-t-on vers une crise post-électorale ?

By : Wend-Tin Basile SAM

L’élection présidentielle au Cameroun a tenu toutes ses promesses le dimanche dernier. Alors qu’une semaine plus tard l’ELECAM n’a pas encore rendu public les résultats provisoires ou les tendances électorales, le climat post électoral ne présage pas forcément une sérénité au sein des différents états-majors des partis.

24 heures après le scrutin présidentiel au Cameroun déjà, c’est le candidat Maurice Kamto de l’opposition qui a donné le ton pour les hostilités post-électorales en revendiquant la victoire face aux autres candidats dont le président sortant Paul Biya. “J’ai reçu mission de tirer le penalty, je l’ai tiré et je l’ai marqué“, c’est la déclaration choc issue du point de presse tenue au siège de son parti à Yaoundé le lundi 8 octobre 2018. Estimant qu’il a reçu du peuple camerounais un « mandat clair », il annonce dans la foulée son intention de défendre ledit mandat jusqu’au bout. Appelant ainsi le président sortant Paul Biya à œuvrer pour une transition pacifique du pouvoir. Il n’en fallait pas plus pour déclarer la guerre au camp du président sortant.

Et la réaction du parti au pouvoir ne s’est d’ailleurs pas fait attendre. Par un tweet, Grégoire Owona Secrétaire général adjoint du Comité central du RDPC a dénoncé un cas de viol des lois et règlements de la République par l’opposant Maurice Kamto, en se déclarant vainqueur de l’élection présidentielle du dimanche 7 Octobre et invitant « insolemment » le président Paul Biya à organiser la passation de pouvoir.  Le secrétaire général adjoint du comité central du RDPC a donc appelé les populations camerounaises « au calme et à l’attente des résultats conformément à la loi ! ». Préservons notre pays et aimons-le !?» a- t-il renchéri. Le ministre de la communication Issa Tchiroma sur France 24 a également embouché la même trompette en condamnant fermement la démarche de Kamto. Qualifiant le camp de Maurice Kamto « d’extraterrestres », il estime qu’il n’est pas surprenant que ces derniers « qui ont la capacité de lire et prédire ce qui n’a pas encore été écrit par les êtres humains fassent une telle déclaration ». Maurice Kamto rappelle-t-il, sait pourtant que seul le Conseil Constitutionnel est habilité à recevoir tous les résultats de vote et dispose du temps nécessaire pour proclamer les résultats. « On ne peut pas vouloir gouverner le Cameroun et se mettre en travers des lois qui régissent ce pays » a conclu le ministre Issa Tchiroma.

Il faut dire que la situation actuelle est plus ou moins étonnante d’autant plus que les enjeux sont également à la hauteur avec à la clé une mouvance présidentielle qui bataille pour un septième mandat pour Paul Biya et une opposition qui appelle de tous ses vœux une alternance. Le manque de confiance aux instances électorales dont le conseil constitutionnel et l’ELECAM qui est l’institution organisatrice des élections au Cameroun, déteint sur le climat d’après scrutin. Aux dernières nouvelles, trois (3) des candidats ont demandé l’annulation du scrutin présidentiel. Le Conseil constitutionnel après avoir affiché les requêtes jeudi 11 octobre dernier, les trois principaux candidats à l’élection présidentielle que sont Maurice Kamto a déposé une requête en annulation partielle des opérations électorales, alors que les candidats Cabral Libii et Joshua Osih ont quant à eux introduit des recours en annulation totale du scrutin.

 

 

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