Elections au Cameroun: Entre abstention et violences pour le choix du président

By : Wend-Tin Basile SAM

Dimanche 7 octobre 2018 : jour de vote au Cameroun. Environ six millions et demi (exactement 6 617 854) d’électeurs inscrits devraient voter dans près de 25 000 bureaux de vote répartis sur l’ensemble du territoire pour le choix du nouveau président pour un mandat de 5 ans. Les bureaux de votes ouverts à 8h ont été fermés à 18h, heure locale. 

Les camerounais étaient appelés dans les bureaux de votes ce dimanche pour départager les candidats en lice. Ils étaient neuf (9) sur la dernière ligne droite mais ils ne sont que huit (8) sur la ligne d’arrivée. Le candidat Akere Muna du Front populaire pour le développement (FPD) ayant désisté à la dernière minute pour soutenir la candidature de Maurice Kamto.

 Pour le reste, il s’agit sans surprise de Paul Biya du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) par ailleurs président sortant, de Joshua Osih du Social Democratic Front (SDF), de Maurice Kamto du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC). Les autres candidats, ce sont Garga Haman Adji, Adamou Ndam Njoya, Cabral Libii, Serge Espoir Matomba et Ndifor Afanwi Franklin. Après une campagne électorale à la limite monotone, c’est le taux de participation électorale qui paraît mitigée. Selon certains analystes, le taux de participation à la fin de ce scrutin devrait être extrêmement bas, malgré l’énorme dispositif sécuritaire qui y a été déployé pour garantir la sécurité des acteurs du processus et pour motiver les électeurs à faire le déplacement dans les bureaux de vote. Cependant, tous ces efforts semblent n’avoir pas eu les effets escomptés dans la partie sécessionniste anglophone. Le journal « La Croix » parle même d’une énorme abstention dans l’ouest anglophone du Cameroun où les séparatistes armés avaient annoncé leur volonté d’empêcher le scrutin. Une participation déjà plombée par l’exode massif des populations qui a précédé la tenue du vote suite au conflit en cours dans cette partie du pays. A Buea ville du Sud-Ouest camerounais par exemple, plusieurs médias annoncent que la participation à l’élection présidentielle a été semblable au déroulement de la campagne : timide. En quinze jours, aucun candidat n’y avait pu battre campagne. Les bureaux de vote s’étant officiellement refermés, tous les regards sont tournés vers l’ELECAM, la commission chargée de l’organisation des élections au Cameroun pour les résultats provisoires. La diffusion de tendances électorales étant interdite au Cameroun, les résultats ne seront donc pas disponibles avant au moins une semaine.

 

 

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