Face à la crise, les Vénézuéliennes commercialisent leurs cheveux

La beauté ou la survie ? Le choix est vite fait par bien de femmes vénézuéliennes qui, comme la plupart de la population, subissent de plein fouet la crise dans le pays. Pour survivre, elles vendent contre quelques billets verts leurs cheveux ; de quoi garnir quelques têtes, notamment en Afrique.

Pendant des décennies, les filles et femmes vénézuéliennes ont fait des soins de beauté une obsession qui les a parfois menées sur le toit du monde : sept titres de Miss Univers et six titres du Miss Monde. Mais cette époque semble bien révolue, notamment pour les filles de quartiers pauvres qui comptaient elles aussi s’orner la tête d’une couronne de la plus belle femme du monde.

Dans le Venezuela d’aujourd’hui, plombé par une crise politique et économique, l’entretien du corps se présente davantage comme une charge lourde à porter qu’un passe-temps adulé. Et l’une des parties du corps qui subit ce déclin économique, ce sont les cheveux. Valery Díaz, une étudiante de 16 ans rencontrée par l’Associated Press, a dû se résoudre à passer l’acte. Dans un salon de coiffure de la capitale Caracas, elle a accepté de se faire couper les cheveux pour la somme de 100 dollars. Cette somme, elle l’utilisera pour s’acheter un téléphone portable et pour aider sa famille.

Depuis de longs mois, le Venezuela est pris dans l’étau d’une grave crise politique au sommet de l’Etat qui a paralysé dans son sillage l’économie du pays. Hyperinflation, pénurie de médicaments et de nourriture, crise monétaire… le quotidien s’est endurci pour de nombreux Vénézuéliens.

Le débouché africain

Certaines femmes se lavent désormais les cheveux avec un liquide vaisselle, car elles ne peuvent pas se permettre d’acheter un shampoing qui coûte plus que le salaire mensuel minimum, réduit aujourd’hui à quelques dizaines de dollars. “Il y a des moments où vous passez deux ou trois semaines sans vous laver les cheveux”, a déclaré Valery Díaz, évoquant les fréquentes pénuries d’eau au cours des dernières semaines, provoquées par des coupures de courant à l’échelle nationale.

Comme l‘étudiante de 16 ans, plusieurs femmes ont trouvé dans le commerce de leurs cheveux le moyen d’affronter les difficultés actuelles. Et le filon est bien trouvé alors que le commerce de cheveux humains fait rage dans le monde, et davantage sur le continent africain.

Utilisés pour les perruques, extensions et autres postiches, ces cheveux venus d’Inde ou de Chine déboulent depuis des années maintenant dans les salons de coiffure africains. Et en Afrique, les crises économiques et la pauvreté ambiante régulièrement étayées par les chiffres de la Banque mondiale et autres institutions internationales ne semblent pas bloquer l‘élan. Des femmes sont prêtes à débourser parfois jusqu’à 600 euros (400 000 francs CFA) pour arborer ces cheveux.

En Afrique, la crise des cheveux humains n’est pas pour demain. Au grand avantage des femmes vénézuéliennes.

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