Insécurité au Burkina Faso : JE M’INTERROGE si la solution est dans un remaniement ministeriel

JE M’INTERROGE est une  rubrique qui jette un regard critique sur les dossiers brûlants de l’heure d’ici et d’ailleurs. La situation sécuritaire critique au Burkina Faso nécessite moults interrogations au regard de la gravité  de la situation.   

Depuis 2015 le Burkina Faso jadis un havre de paix est aujourd’hui en proie aux attaques récurrentes des Jihadistes qui s’empennent violemment et sans état d’âme aux populations civiles et innocentes si bien que JE M’ INTERROGE sur l’avenir du pays et si les autorités politiques ont compris que l’heure est grave et qu’il faudra  taire les divergences, conjuguer les efforts et chercher les solutions idoines partout où elles sont.  

Le massacre de Solhan dans le nord du Burkina Faso dans la nuit du 4 au 5 juin dernier qui a couté  la vie à 160 personnes parmi lesquelles on dénombre des femmes et des enfants est révoltant. Comme si cela ne suffisait pas et  pendant que la nation entière pleurait la mort de ses fils et filles, se posaient mille et une questions, les fous de Dieu, ces mécréants, ces tueurs sans foi et sans loi, savouraient leur sa sale  victoire qu’ils ont confirmée   par la tuerie de 15 policiers quelques deux semaines plus tard.    

La réalité, il faut avoir le courage de l’avouer, c’est que le gouvernement a échoué lamentablement sur toute la ligne. On continue de chercher des boucs émissaires là où  il faut chercher les solutions. Ca fait plus de 6 ans qu’on accuse, qu’on jure la main sur le cœur de vaincre et  de terroriser les terroristes qui nous terrorisent sans faire du tapage.

JE M’INTERROGE si les autorités burkinabè ne vivent pas sur une autre planète. Je me souviens sous le règne de Blaise de Compaoré, le premier ministre de l’époque Ernest Paramanga Yonli  dans son discours sur l’Etat de la Nation disait que l’étoile du Burkina Faso brille pendant que le peuple réel croupissait sous la misère. La suite on le sait.

Oui l’étoile du Burkina Faso continue de briller pour une minorité des Burkinabè qui est complètement coupée  des réalités que vit la majorité silencieuse, angoissée, déboussolée. Une minorité arrogante, corrompue jusqu’à la moelle, et qui pille et dilapide le deniers publics sans aucun soucis.

Les écritures saintes nous enseignent qu’il  y a un temps pour toute chose. Le temps  n’est – il pas  venu de tendre la main à toutes les personnes qui puissent être utiles  dans la lutte contre ce mal du siècle ? Des Burkinabè ont travaillé par exemple  sur l’état de l’insécurité au Burkina Faso et ont fait des propositions allant dans le sens de la lutte contre le terrorisme. On a balayé du revers de la main leurs recommandations. Certains d’entre eux ont été accusés  de fomenter des coups d’état.

Le gouvernement a été remanié  pour seulement sacrifier deux ministres sous l’autel de l’échec et suite à la marche de protestation de milliers de personnes descendues dans les rues à Kaya et à  Titao pour exprimer leur ras – le bol face à l’incapacité des autorités à  assurer leur sécurité. Ainsi le ministre de la défense Cherif Sy est démis de ses fonctions : Pauvre journaliste ! Le ministre de la sécurité Ousseni Compaoré a perdu aussi son poste. Désormais le président Roch Marc Christian Kabore himself devient ministre de la défense :  Une lourde responsabilité ! On espère qu’il donnera les moyens matériels qu’il faut aux forces de défense au lieu de mettre un seau sur les armes acquises grâce à l’argent du contribuable et  qui dorment  dans les garnisons. Non monsieur le président ce n’est pas là-bas leur place. Avez – vous peur de quoi ?

La solution n’est pas dans un remaniement ministeriel. Ce nouveau gouvernement subira le même sort ( ce n’est pas un souhait) si les mentalités et les comportements ne changent pas. 

JE M’INTERROGE si le président Kaboré  sait qu’il n’a pas  droit à  l’échec. Il sait les conditions dans lesquelles il est arrivé au pouvoir et devrait beaucoup y réfléchir:  Son mentor, son compagnon de lutte  le président Blaise Compaoré, qu’il a soutenu jusqu’à la dernière minute quand ce dernier tentait de modifier la fameuse article 37 pour devenir président à   vie, est une leçon de vie.   Et lui Roch avait dit que « ne pas modifier l’article 37 est anti constitutionnel. » Frustré  après avoir été éjecté des instances dirigeantes du CDP parti au pouvoir de l’époque, Roch forme le trio avec Simon Compaoré et Salif Diallo ( paix à  son âme) et les trois tournent la veste pour rejoindre l’opposition. Eux qui avaient chanté Hosanna à Blaise Compaoré ont aidé à le « crucifier ».

Roch doit absolument apprendre la leçon. L’être humain est tel qu’il est : un véritable caméléon qui change de couleur selon la nature des circonstances. Déjà le Balai Citoyen, un ami d’hier se démarque avec cette plainte déposée contre le gouvernement burkinabè pour non – assistance à  personne en danger. La masse laborieuse est déjà dans la rue avec des spatules et du balai pointés  au ciel. Exactement comme en 2014. Que Dieu Bénisse le Burkina Faso.

Bazona Barnabé  Bado

 

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