JE M’INTERROGE si c’est le moment de demander au président Roch Marc Christian Kaboré  de démissionner

JE M’INTERROGE est une rubrique qui jette un regard critique sur les dossiers brûlants de l’heure d’ici et d’ailleurs. Les terroristes ont décidé de rayer le nom du Burkina Faso sur la carte du monde en massacrant civils, militaires, gendarmes, policiers quand ils veulent et ils veulent sans être inquiétés.

La dernière attaque terroriste a causé  la vie à 57 gendarmes et 4 civils à  Inata le 14 Novembre dernier et puis 7 autres ont été massacrés  dans la foulée à  Foube à  quelques deux jours après le drame de Inata

Le peuple Burkinabè ne sait plus à quel saint se vouer. Le président Roch Marc Christian Kaboré  et son gouvernement désemparés , apeurés et  acculés sous  la pression de son  peuple et de l’opposition qui lui demandent de démissionner, cherche à sauver son pouvoir.

JE M’INTERROGE    s’il vaut la peine de demander à un pouvoir qui a déjà démissionné de démissionner encore. Le président Kaboré et son gouvernement ont déjà démissionné depuis le premier mandat jusqu’au deuxième mandat. Ils ont démissionné en étant incapables de lutter efficacement contre la corruption qui gangrène le pays, le détournement du denier public, et bien sûr dans la lutte contre le terrorisme qui s’empire .

Après le drame de Solhan qui avait couté la vie à  plus de 160 personnes au mois de juillet dernier, j’avais écrit ceci et dans la même rubrique : « La réalité, il faut avoir le courage de l’avouer, c’est que le gouvernement a échoué lamentablement sur toute la ligne. On continue de chercher des boucs émissaires là où il faut chercher des solutions. Cela fait plus de 6 ans qu’on accuse, qu’on jure la main sur le cœur de vaincre et de terroriser les terroristes qui nous terrorisent sans faire du tapage. »

Le president Kabore

JE M’INTERROGE   si l’opposition burkinabè qui demande le départ du président Kaboré  pourra nous amener la paix si effectivement le président venait à démissionner. Il ne faut pas se leurrer. Ni l’opposition actuelle, ni Kaboré  et son MPP ( Mouvement du Peuple pour le Progrès ) ne peuvent amener la paix escomptée au Burkina Faso. La raison est simple. L’opposition actuelle au Burkina Faso c’est le CDP ( Congrès pour la Démocratie et le Progrès.) ancien parti au pouvoir crée  par Blaise Compaoré ancien président  actuellement en exil en Cote d’Ivoire. On sait comment le MPP est arrivé  au pouvoir. Le trio d’alors Roch Marc Christian Kaboré , Simon Compaoré et Salif Diallo ( paix à son âme) après avoir été éjectés du CDP dans lequel ils ont milité  et commandé  près de trois décennies, ont crée le MPP et ont rejoint l’opposition à  la dernière minute et ont pu « usurper » le pouvoir entre les mains de l’opposition réelle après des élections à la démocratie Burkinabè . Ils sont arrivés au pouvoir avec la haine et les rancœurs au cœur triplés  d’une vengeance contre ceux qui les ont écartés du parti.

Si le CDP revient au pouvoir, je vous assure que ça serra la chasse aux sorcières. Le parti n’a pas encore fini de digérer sa chute et les conséquences que cela a entrainé. Pour moi, le MPP et le CDP ont créé les conditions que nous traversons  aujourd’hui. Ceux qui sont au pouvoir aujourd’hui sont ceux qui étaient au pouvoir hier. Ils ont ensemble hébergé, nourri et entretenu les terroristes au Burkina Faso. Nous en payons cher le prix aujourd’hui.

JE M’INTERROGE  si nous ne sommes pas tous coupables. On nous dit que tu ne peux pas être président du Burkina Faso si tu ne fais pas partie de « La Grande Majorité ( suivez mon regard). Quand le MPP a rejoint l’opposition à la dernière minute, il a pu s’installer au pouvoir après des élections démocratiques à la Burkinabè ou on vote non pas en fonction du projet de société que le candidat propose mais en fonction de la couleur ethnique du candidat. Le MPP au pouvoir nous avait promis dès leur premier mandat la paix et de lutter contre la corruption et le détournement du denier public. Ils ont fini ce premier mandant avec un bilan catastrophique : le terrorisme s’est accentué, la corruption et les détournements du denier public  se sont aggravés. Et malgré tout on leur accordé  un second mandat parce que tout simplement le président est de « La Grande Majorité. » On aurait voté  quelqu’un qui n’est ni du CDP ni du MPP qui se font la guerre et qui se feront la guerre pour toujours, et le Burkina Faso ne serait pas enfoncer dans ce bourbier.  Et je vous promet que si demain le président Kaboré  décide de briguer un troisième mandat et qu’il a  en face de lui quelqu’un de « La Petite Minorité » il passera haut les mains. Tout simplement parce qu’on a affaire a un peuple mouton et on mérite ce qui nous arrive aujourd’hui.

Le president Compaore

Parlant donc du problème ethnique au Burkina Faso, Newton Ahmed Barry ancien rédacteur en chef du journal L’évènement et ancien président de la CENI (Commission électorale nationale indépendante) a passé près de deux décennies à écrire sur la situation lamentable des peulhs dans le sahel et avait tiré la sonnette d’alarme sur les conséquences que cela pouvait engendrer dans le futur. Il a prêché dans le désert et l’on l’ avait traité de petit journaliste ethniciste.  Et voilà les conséquences aujourd’hui.

JE M’INTERROGE   si la chefferie traditionnelle n’est pas l’autre problème de notre pays. Tant que l’on ne va pas dissocier la chefferie traditionnelle et le pouvoir du blanc au Burkina Faso, on ne sortira pas de nos galères. Le pouvoir du blanc devrait se jouer dans les urnes mais pas dans des maisons closes. Aucun chef traditionnel ne devrait être consulté   pour question du pouvoir du blanc. Je ne discrédite pas  le rôle combien important de la chefferie traditionnelle lorsqu’il s’agit de résoudre des crises telle que celle que nous traversons aujourd’hui. Comment les chefs traditionnels peuvent – ils intervenir efficacement s’ils n’ont plus la confiance des populations et ce avec juste raison. Quand le chef traditionnel milite dans un parti politique, quand il fait la discrimination entre ceux de sa lignée et ceux du « dehors, » il ne pourra plus être un interlocuteur fiable.

Le president Sankara

Le succès du président Thomas Sankara était en parti du au fait qu’il avait pu écarter la chefferie traditionnelle de la gestion du pouvoir d’état et aucun président ne réussira au Burkina Faso s’il confie son pouvoir entre les mains de la chefferie traditionnelle.

Aujourd’hui le Burkina Faso a besoin du sang neuf dans ses veines. Ni le MPP, ni le CDP ne peut nous apporter la paix escomptée. Du sang neuf, c’est ça la solution en attendant que le Dieu suprême vienne à notre secours.

Bazona Barnabé  Bado

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