La marche des femmes Guinéennes à New York : Elles disent non à la modification de la constitution Guinéenne

Les femmes guinéennes des Etats – Unis d’Amérique ont marché le lundi 19 Septembre 2019 à New York pour dire « non » aux « intentions » du président Alpha Condé de modifier la constitution Guinéenne qui pourrait lui permettre de briguer un troisième mandat.

Réunies sous le sceau du Front National pour la Défense de la Constitution ( FNDC) et toutes vêtues de rouge, symbole de « la résistance et du sang » selon Oumou Bah l’une des organisatrices de la marche, ces femmes engagées plus que jamais ont scandé des slogans hostiles au président Condé durant toute la durée de la marche.

Le FNDC   selon les organisatrices de la marche « est un mouvement qui regroupe toutes les organisations de la société civile guinéenne et qui est   né à la suite des exactions politiques en Guinée » et dont le coordonnateur national Abdouramane Sanoh a été arrêté et écroué en Guinée.

Debout devant le consulat de Guinée au cœur de Manhattan et situé à quelques pas du siège de l’Organisation des Nations – Unies , brandissant des pancartes et banderoles sur lesquels on pouvait percevoir des images de personnes dont les corps portent des graves blessures, et même tuées, et sur lesquels on pouvait aussi lire par exemple des écriteaux comme celui – ci:  « Do not touch our constitution. No to a third term for Alpha Condé. » En français : “Ne pas toucher à notre constitution. Pas de troisième mandat pour Alpha Condé. » Pendant plus d’une heure d’horloge, elles ont scandé des slogans tels que : « Libérer nos maris, libérer nos enfants, Alpha Condé assassin, Alpha Condé dealer.»

Adressant à la foule en Anglais Oumou Bah dira que « Alpha Condé assassine nos jeunes, il doit arrêter, il doit respecter la constitution. » Et d’ajouter : « Nous voulons une transition pacifique en Guinée. »

Les organisatrices ont voulu par la suite remettre un « mémo » au Consul général de la Guinée mais la porte était hermétiquement fermée. Elles ont toutefois glissé leur « mémo » sous la porte.

Après quoi la foule s’est dirigée au siège de l’Organisation des Nations – Unies pour tenir un meeting . Parmi elle il y avait des panafricanistes du Ghana, du Cameroun, et de la Sierra Leone.

Devant le siège de l’Organisation des Nations – Unies, ce sont les mêmes slogans qui ont été lancés, et avec un message clef : « Empêcher Alpha Condé de modifier la constitution Guinéenne et de briguer un troisième mandant, une attitude qui pourrait encourager d’autres chef d’état Africains à emboîter le pas. » Pour Ramatu Ahmed du Ghana « Nous voulons la paix, s’il n’ y a pas de paix en Guinée, il n’ y aura pas de paix nulle part en Afrique. » Maybelle Boma du Cameroun est catégorique : « Si nous permettons cela en Guinée, les autres pays africains penseront que c’est permis. » Elle ajoutera que les femmes du Libéria, de la Sierra Leone par leur engagement ont fait cesser la guerre dans leur pays d’origine.

En voyant tout cela, Mariam Sanoh la fille de Abdourahmane Sanoh qui est toujours en prison était émue. Prenant la parole au nom de toute la famille, elle dira : « Votre détermination et dévouement nous apportent la joie et la paix. » Et d’ajouter « nous sommes avec tous ceux qui sont en prison. »

Mais à côté des femmes, il y avait aussi des hommes tels que Alpha Diallo président du comité d’organisation et de la mobilisation du Front National pour la Défense de la Constitution ( FNDC), qui pose trois conditions pour un retour à la paix en Guinée : la libération de tous les détenus de FNDC, l’arrêt du projet de modification de la constitution, et l’arrêt des tueries.  Mohamed Mamadi Jalloh de la Sierra Leone a aussi exprimé sa crainte de voir une contagion généralisée si Alpha Condé réussi son projet de modification de la constitution.

Plusieurs autres personnes ont intervenu en Malinké, Soussou, et Fulfulde.

Bazona Barnabé Bado

 

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