Le couple à l’épreuve de l’immigration

 Dans cet écrit Bérenger Ouédraogo touche du doigt l’un des problèmes majeurs que vivent les immigrés dans leur ensemble qu’ils soient en Europe ou aux Etats – Unis. La vie de couple devient l’enfer, les rôles changent, la femme porte désormais le pantalon et l’homme le pagne. Et les conséquences sont incalculables.

« Partir en expatriation est une aventure exceptionnelle, une ouverture sur le monde enrichissante, c’est aussi une décision importante, qui a des conséquences sur l’ensemble de la famille ».  « Notre couple est tout près de se prendre le mur. Ce n’est pas l’amour que nous avons l’un pour l’autre qui est en cause, enfin j’espère, mais la manière différente dont on vit notre expatriation à New York ».

Ces témoignages nous démontrent qu’immigrer ou s’expatrier a des enjeux sur le couple et la famille. Mon expérience d’immigré m’a permis de constater que beaucoup de couples ne survivent pas à leur immigration. Cette affirmation n’est pas le résultat d’une étude scientifique ; je ne saurais en donner des statistiques. Je n’ai fait qu’observer et apprendre des familles que je côtoie. En décidant de s’expatrier ou d’immigrer, les intentions sont toujours belles et nobles. On espère s’offrir à soi et à sa famille un avenir meilleur. Toutefois, le choc culturel a des impacts affectifs et émotifs sur les relations de couples. Puisque le contexte change, la relation change avec son cortège de bouleversements.

Les rôles dans le couple sont appréhendés et définis différemment. Dans certaines cultures, le mari est responsable de sa femme ; il parle pour elle et définit pratiquement les priorités de la femme. Dans la terre d’accueil, en Europe, au Canada, aux USA etc., l’égalité entre homme et femme est purement affichée. La femme a droit à la parole au même titre que son mari ; elle peut poursuivre ses rêves comme le fait son mari ; elle peut prospérer même plus que son mari. Devant ce chamboulement de valeurs, l’homme peut être déstabilisé.  Il est donc confronté au refus, à la peur, à la perte de repères, à l’adaptation etc.

Pendant ce temps, la femme jubile ; elle voit de nouveaux horizons s’ouvrir à elle ; l’espoir lui sourit grandement avec ses nouvelles possibilités d’épanouissement. Elle est considérée importante au même titre que son mari. Alors, elle veut s’y engouffrer. Réaction naturelle !

Comment peut-on donc concilier l’attitude d’un mari qui se sent confiné à ses bottes avec celle d’une épouse qui se sent libérée de son pagne ? Les tensions ne peuvent qu’être inimaginables : Incompréhensions, suspicion, perte de valeurs, désir de contrôle, recherche de ses repères etc.  Cela crée donc une instabilité dans le couple et la famille. La relation amoureuse devient ambigüe puisque les fondements semblent sapés. « On est où là ? » crieraient certains africains.  Malheureusement, on se débat souvent seul avec cette douleur, enfermé en soi, n’ayant pas une oreille neutre pour écouter et aider à discerner. Parfois, de par leur culture, les conjoints ne sont pas habitués à consulter un spécialiste de relation, du couple, un thérapeute ou un coach.  Quelle souffrance !

J’estime qu’un travail d’accompagnement individuel est nécessaire pour permettre à chaque conjoint d’aborder les nouveaux enjeux relationnels de son couple. C’est ce que fait le coaching d’expats ou d’immigrants pour désamorcer les tensions et aider à saisir les opportunités sans détruire ce qu’on a semé et fondé depuis des années : le couple et la famille.

Wendlassida A. Bérenger Ouédraogo

Certified Relationship Coach. Family Life and Chastity Educator.  Author

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *