L’homogamie, un mode de choix du conjoint.

Si vous n’êtes pas encore mariés, désiriez – vous prendre pour conjoint ou conjointe un homme ou une femme d’une ethnie, race, religion… différente que la vôtre? Bérenger Ouédraogo vous donne la réponse

L’homogamie est la tendance à choisir son conjoint dans le même milieu social ou très proche (social, géographique, culturel). L’homogamie sociale est aussi appelée « isogamie » ou « endogamie » ; elle est une inclination à rechercher son conjoint dans le groupe social auquel on appartient, c’est-à-dire un conjoint dont le niveau social est équivalent au sien. Dans ce sens, l’on considère la religion, la culture, la politique, l’âge, les diplômes etc. Son opposé est l’hétérogamie. L’homogamie est donc un déterminant social dans la formation des couples. Son principe de base est que « ce qui se ressemble s’assemble ».

L’homogamie est une pratique observée chez tous les peuples de la terre ; en plus du facteur social, elle consiste à choisir aussi son futur époux/sa future épouse en lien avec l’aire géographique dont on fait partie (endogamie géographique) ; la classe sociale à laquelle on appartient (endogamie sociale) ; le métier que l’on exerce (endogamie professionnelle) ; la religion que l’on pratique (endogamie religieuse) etc.

Le sociologue Milan Bouchet-Valat qui a longtemps étudié ce phénomène, affirme ceci :  « L’amour entre deux personnes n’est pas uniquement le fruit du hasard et des goûts personnels. Plus exactement, ces goûts sont socialement orientés en fonction de notre milieu : on aime vivre avec une personne qui partage un mode de vie similaire, les mêmes habitudes de loisirs, des centres d’intérêt communs, une même façon de parler, etc. Autant d’éléments qui dépendent en grande partie de l’origine sociale. »

Ce qui a favorisé cette pratique matrimoniale était certainement lié aux lieux de rencontres qui étaient limitées seulement au voisinage, le travail, le bal, les visites chez des particuliers. Un autre fait très important, était celui de maintenir les valeurs sociales, culturelles et familiales.

Les sociétés et les familles l’ont pratiqué avec joie car elle a eu et a des avantages : favoriser les liens de familles, faciliter l’intervention des ainés à résoudre les problèmes de foyers et l’éducation et l’insertion familiale des enfants.

 L’homogamie n’est pas mauvaise en soi. Certes, elle peut faciliter le choix. Toutefois, l’on doit y faire attention ; elle pourrait nous faire croire que nous allons réussir notre mariage si les conjoints parlent la même langue, viennent du même village etc. Elle pourrait aussi nous limiter dans nos possibilités de choix, puis nous bander les yeux par rapport à d’autres opportunités. En ce temps de brassage culturel soutenu par la mobilité internationale, les lieux de rencontres sont plus diversifiés (rue, cité, quartier, café, centre commercial, hôpital, nations, pays, écoles, universités, sites de rencontres en ligne, etc.) et les possibilités d’un mariage interculturel ou international donc hétérogames sont plus grandes.

Il serait donc intéressant d’ouvrir nos cœurs et nos esprits pour accepter d’autres ethnies, nationalités, conditions sociales, puis prendre les moyens nécessaires pour vivre des mariages hétérogames ; il y a des enjeux et des contraintes à gérer ; mais on apprend aussi des autres. Ne dit-on pas en langue mooré (une langue du Burkina Faso), « la sagesse se prend aussi auprès de l’autre ? ». Il suffit d’être souple et ouvert dans son désir de s’enrichir de son conjoint. 

Wendlassida A. Bérenger Ouédraogo

Certified Relationship Coach. Family Life and Chastity Educator.

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