Merveille Ouédraogo : De vendeuse de gâteaux au Burkina Faso au commerce de pierres précieuses aux USA

Merveille Ouédraogo, une jeune femme entrepreneure de la diaspora africaine aux USA, évolue dans un milieu peu fréquenté par les africains. Il s’agit du business des pierres précieuses. African Journal vous transporte dans l’univers entrepreneurial de la native de Ouagadougou au Burkina Faso.

 Lorsqu’à seulement sept ans Merveille Ouédraogo commence à faire des bonbons qu’elle revendait à ses camarades à l’école primaire, elle ignorait que cela s’appelait de l’entrepreneuriat. Elle voulait juste se faire de l’argent en procurant du plaisir aux autres élèves. En grandissant elle découvre qu’en plus d’être sa passion, le commerce peut être son gagne-pain. Ainsi, après l’étape de la fabrication et vente des bonbons, vient celle des gâteaux. En effet, pendant les vacances scolaires Merveille Ouédraogo et certaines de ses copines, au lieu de tendre la main aux parents ou aux garçons pour avoir de quoi subvenir à leur besoin de jeunes filles, préparaient des gâteaux et les revendaient dans les rues de Ouagadougou. Sa passion pour l’entrepreneuriat s’est révélée depuis son enfance, pourtant selon elle rien ne la prédisposait à cette activité. Elle est la fille aînée d’une femme politique et d’un ingénieur hydraulique. “ Mais j’ai deux mères et deux pères car mes parents biologiques ne vivent pas ensemble. Chacun a refait sa vie. Aucun de mes quatre parents n’exerce dans ce domaine et personne ne m’a appris à faire du commerce”, clame-t-elle. Adolescente et consciente de son potentiel à mener à bien ses initiatives elle se lance un défi. Devenir millionnaire avant son 25e anniversaire, sans l’aide de ses parents car à l’en croire les gens doivent voir le monde en grand et avoir de grands rêves et surtout se donner les moyens de les réaliser. C’est ainsi, qu’ à  20 ans, avec “ses petites économies”, elle crée sa première compagnie dénommée ANO Multi services. “J’ai obtenu mon premier contrat avec un projet de la Banque mondiale. Cela m’a vraiment galvanisé. J’exécutais très bien les contrats. Avec cette société je suis devenue millionnaire à 23 ans” affirme Mme Ouédraogo. Lentement mais surement Merveille Ouédraogo commence à construire son empire économique. En 2010 elle met sur pied un glacier et un Cybercafé. Elle voyait sa vie en véritable femme d’affaire sur le continent africain. Mais contre toute attente elle abandonne tout et s’envole pour les Etats – Unies d’Amérique (USA). Comment est-elle parvenue à prendre cette décision difficile et à la surprise générale de ses partenaires? Comme toute personne, Merveille Ouédraogo reconnait avoir un talon d’Achille. “ Je suis très vulnérable sentimentalement et c’est suite à une déception amoureuse que j’ai décidé de partir. Je voulais m’éloigner de la personne avec qui j’étais”, a-t-elle confessé. C’est ainsi qu’un matin de mars 2015 elle foule pour la première fois le sol du pays de l’Oncle Sam.

       “ Je ne pouvais plus payer mon loyer”

Comme bon nombre d’expatriés les débuts de Merveille Ouédraogo n’était pas merveilleux aux USA. La réalité du terrain était tout autre pour elle. “ Quand je suis arrivée à New York j’étais vraiment perdue. De la langue à la culture du travail en passant par la grandeur de la ville et le nombre des habitants tout était diffèrent de ce que je connaissais auparavant. Je ne pouvais pas me lancer dans aucun business”, reconnait-elle. En outre, “ je ne suis pas habituée aux travaux physiques. A mon premier boulot pour question de lenteur j’ai été remerciée”, poursuit Mme Ouédraogo. Au chômage et la vie étant très chère à New York elle se retrouve très vite dans l’impossibilité de subvenir à ses besoins. Alors bonjour la dépression. “Je ne pouvais même plus payer ma chambre mais je ne pouvais pas en parler à mes parents. Car ils me demanderont de rentrer alors que je n’aime pas échouer. Il m’arrivait de pleurer sans que personne ne me tape ou ne m’insulte”, indique la jeune dame. Après quelque temps passé dans les abimes, elle découvre que l’Amérique est aussi le pays des opportunités. Grace à l’aide de son entourage elle décroche un petit boulot de manageur dans une famille. C’est ainsi qu’elle découvre le monde de la vente des pierres précieuses puisque son patron était un baron du domaine. Elle va, ainsi, apprendre les rouages de ce business par le truchement de son employeur. Avec ce dernier, elle vat a la découverte des grandes foires dédiées au commerce des pierres précieuses comme l’émeraude, le saphir, la métisse, le diamant, etc. à Arizona, à Denver et en Caroline du Nord ( des références mondiales en la matière). Et comme le Phoenix qui renait de ses cendres, Mme Ouédraogo trouve le moyen de se frayer un chemin dans ce nouveau univers en une année. Son goût pour l’entrepreneuriat renait. Elle vole désormais de ses propres ailes en faisant de la vente des pierres précieuses son nouveau business. En 2019 Merveille Ouédraogo met sur pieds une ONG dénommé, Réseau des Femmes Entrepreneures de la Diaspora avec pour but d’amener les femmes de partout à découvrir les créneaux porteurs, d’échanger les expériences et à obtenir des financements pour leurs projets. “ Le marché des pierres précieuses n’est pas encore saturé chez les africains pourtant les meilleures pierres viennent de l’Afrique”, informe la “ business woman”. Ses partenaires la décrivent comme une personne dynamique dédiée à la cause de la femme. “Grace à ses initiatives j’ai noué des contacts avec d’autres entrepreneurs et j’ai agrandi le réseau de ma clientèle”, témoigne Alima Touré, fondatrice de Talima’s LLC, une compagnie spécialisée dans le E-commerce à New York. Mais Merveille Ouédraogo précise que le COVID 19 a impacté  négativement son business. Néanmoins cela n’est pas une raison suffisante pour la faire plier l’échine. Plusieurs pistes de relances de ses activités sont déjà inscrites dans son cahier de note.

  Steven Ozias Kiemtoré

 

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