New York : Bassolma Bazié  face à la diaspora Burkinabè des USA après son discours au siège de l’ONU

Une délégation gouvernementale conduite par le ministre d’Etat et de la fonction publique, Bassolma Bazié, a rencontré la diaspora Burkinabè des Etats – Unis d’Amérique pour échanger  sur les sujets brûlants de l’heure.

La délégation qui a pris part à la 78 e session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations – Unies a profité donc de l’occasion pour discuter à bâtons rompus avec la communauté burkinabè des Etats – Unis d’Amérique qui est venue non seulement pour écouter la délégation gouvernementale mais aussi présenter leurs préoccupations.

Noraogo Jean – Baptiste Gagré  le chargé  d’affaires de l’ambassade du Burkina Faso à  Washington DC, a  été le premier à  prendre la parole pour souhaiter la bienvenue à la délégation. A la communauté il leur dira tout simplement de passer des bons moments avec la délégation.

Viendra le tour de Madame Olivia Ragnaghnewendé    Rouamba ministre des Affaires étrangères , de la coopération régionale et des Burkinabè de l’extérieur. Elle a dans son discours salué la contribution de chaque fille et fils du Burkina Faso dans la lutte contre le terrorisme. «  Tous vos dons faits sont reconnus par le Burkina Faso, » a – t – elle déclaré. Elle a appelé à un sursaut patriotique nécessaire pour faire face aux défis du moment.  Parlant de l’actionnariat populaire, elle a laissé entendre que le chef de l’Etat Ibrahim Traoré lance un appel à un sursaut patriotique de la diaspora pour la réussite de cette initiative.

Bassolma Bazie

Bassolma Bazié va à son tour prendre la parole. Habillé en treillis militaire car pour lui il se sent mieux dans la peau d’un VDP ( volontaire pour la défense de la patrie) que dans la peau d’un ministre.

C’est un Bassolma visiblement satisfait de son discours livré à la veille au siège des Nations – Unies, qui a d’ailleurs révélé qu’après ce discours, il a reçu un appel du ministre de la défense qui lui a dit que le matériel militaire bloqué   dont il a fait cas  dans son discours, a été libéré.  Il a répété qu’il a été mandaté en sacrifice par le chef de l’Etat Ibrahim Traoré pour porter le message du Burkina Faso. « Quand le président vous mandate pour une telle mission vous pouvez passer des nuits sans dormir, » dira le ministre Bazié. Pour lui, c’est une charge quand on appartient à un pays qui s’appelle Burkina Faso pays des hommes intègres qui est selon lui la « résultante faite de sang, de la sueur et de la souffrance de ceux qui nous ont devancés. » Il a expliqué qu’un tel discours peut entraîner des conséquences néfastes comme la mort. Il dira qu’il ne craint pas la mort. «  Même si vous bombardez l’avion, nous avons porté le message » a – t – il déclaré.

A entendre le ministre Bazié le Burkina Faso est malade et il faut une chirurgie pour guérir le pays et cela passe par des décisions qu’il faut prendre et qui ne vont pas plaire à  tout le monde. « Le Burkina Faso va se plier mais il va se redresser comme un roseau, » a – t – il insisté.    

Il est revenu aussi sur les coups d’Etat : et le ministre Bazié de s’interroger : «Pourquoi il y a des coups d’Etat ? »

Parlant de la transition, il a souligné que « la transition a dégagé quatre axes » :

1) La lutte contre l’insécurité et la reconquête de notre territoire. Il dira que 58000 VDP ont été recrutés à cet effet. « Dans cette reconquête, il faut qu’on se regarde droit dans les yeux, » a – t – il déclaré.

2) La gestion de la crise humanitaire : des personnes ont été déplacées et des écoles ont été fermées. Mais foi du ministre Bazié, le gouvernement fournit des efforts énormes tels que le retour des personnes déplacées dans leur village et la réouverture de certaines écoles.

3) La refondation de l’Etat qui a entendre le ministre Bazié passe par une nouvelle constitution du peuple qui tracera les grandes lignes d’une fondation solide d’où la lutte contre la fraude dans les examens et concours, la formation des partis politiques, le choix des dirigeants, etc.

4) La réconciliation nationale. «  se réconcilier ne veut pas dire se mentir » précise le ministre Bazié qui dit qu’il faut la vérité et la justice dans cette réconciliation.

Il y a eu une séance questions et réponses. Les questions étaient relatives à la cohésion sociale, les libertés collectives et individuelles, l’actionnariat populaire, raffinerie de pétrole au Burkina Faso, les faux profiles sur les réseaux sociaux, la participation des intellectuels dans la transition, etc. 

Bien avant cela, c’est le président de l’Association des Burkinabè de New York, Monsieur Hermane Somé  qui a pris la parole pour présenter les  doléances de la diaspora qui se sont articulées sur ces différents points : facilitation des investissements pour la diaspora, facilitation du retour de la diaspora, protection des droits de la diaspora Burkinabè, l’amélioration des services consulaires, la transparence et la lutte contre la corruption.

La délégation a promis de transmettre ces doléances a qui de droit.

Plusieurs personnes faisant parti de la délégation ont intervenu pour apporter des éléments de réponse aux questions posées. En répondant à   la question sur les libertés individuelles et collectives la ministre Olivia Rouamba a estimé que : « Là    où commence la liberté de l’Etat, la liberté individuelle s’arrête. » Le capitaine Somda a précisé que le chef de l’Etat compte également sur la diaspora pour réussir l’actionnariat populaire. En ce qui concerne la participation des intellectuels dans le processus de la transition le ministre Bazié a expliqué que l’intellectuel n’est pas forcément celui qui a est bardé de diplômes.

L’imam Ahmed Kiemtoré   a été appelé pour faire une prière de bénédiction. Un imam qui est apparemment enthousiasmé par la tournure révolutionnaire de la transition. Pour lui, une révolution ne se fait pas à moitié. Il pense que  les termes Monsieur, Excellence doivent être bannis pour faire place au  terme Camarade. Et de marteler : « On n’a pas besoin d’élections tant que la paix n’est pas revenue au pays. »  

Pendant les questions réponses, un intervenant affronte le ministre traditionaliste Bazié qui vante haut et fort les pratiques traditionnelles, accusant les uns et les autres de cacher dans les poches, valises et même dans les cravates des amulettes et autres gris – gris.  «  Moi je tue ( NDLR : égorger poulets) à 14 heures » a – t – il déclaré .  «  Moi je parle au nom de l’Eternel des armées » a répondu l’intervenant.

Bazona Barnabé  Bado

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