New York : Les Maliens ont marché et ont dit que le départ du Président n’est pas négociable

Dix grands regroupements de partis politiques sous le label « Front pour la Sauvegarde de la Démocratie » et des représentants de plus d’une soixantaine d’associations et de la société civile se sont réunis ce vendredi 19 juin 2020, devant la Mission Permanente de la République du Mali Auprès de l’Organisation des Nations – Unies à New York pour demander la « démission pure et simple » du Président Malien Ibrahim Boubacar Keita ( IBK). Une manifestation qui s’est tenue concomitamment avec une marche de protestation au Mali pour la même cause.

« La seule chose que nous demandons c’est le départ d’ Ibrahim Boubacar Keita, » a déclaré Boureima Naby Niambélé Président du comité d’organisation. Les manifestants accusent IBK d’être responsable de tous les maux au Mali. « Il n’a pas respecté les accords de Ouagadougou qui envisageaient un dialogue avec les rebelles, il s’est retourné vers l’Algérie et cela n’a rien donné . C’est en ce moment que les djihadistes ont poussé des ailes et ont pu atteindre le Niger, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, et aujourd’hui les pays comme le Sénégal et la Guinée sont menacés, » a expliqué longuement Monsieur Naby.

Mais le terrorisme n’est pas seulement le « péché » d’ IBK. Les marcheurs ont dénoncé la corruption, le favoritisme et la gabegie qui selon eux, ont pignon sur rue au Mali.

Boureima Naby Président du Comité d’organisation

« Le Mali est aujourd’hui divisé en trois régions : le nord, le centre, et Bamako ; le pays est entrain de basculer, l’insécurité est grandissante, le pouvoir est incompétent, IBK doit dégager, nous ne voulons plus ce gouvernement, » a déclaré Sidi Mohamed Jiddou, secrétaire général de l’Union pour la République et la Démocratie ( URD) New York, parti de l’opposant Malien Soumaila Cissé kidnappé par les terroristes il y a quelques trois mois de cela.

 Mamady Koita, facilitateur du Mouvement 5 Juin, Rassemblement des Forces Démocratiques USA ( M5J – RFP) lui, a dénoncé la mauvaise gestion des affaires, la déviation des promesses faites, et la gestion clanique et ou familiale des affaires.

Les femmes et les jeunes sont aussi montés au créneau pour crier leur ras – le – bol et demander le départ d’IBK.

Les marcheurs ont occupé pendant quelques heures la devanture de la Mission Permanente de la République du Mali Auprès de l’Organisation des Nations – Unies à New York, et ont marché le long de la rue en chantant : « IBK dégage, Soumaila Cissé libéré, »

La marche de protestation est intervenue au moment où IBK affaibli a dit ouvert au dialogue dans le but de former un gouvernement d’union nationale. Mais les marcheurs n’entendent pas cela de cette oreille. « Le nom ne signifie rien, la seule chose dont on a besoin c’est le départ d’IBK, » martèle Mr Naby qui ajoute que l’opposant malien Soumaila Cissé n’a pas été kidnappé mais qu’il est plus tôt un prisonnier politique.

Les marcheurs  disent qu’ils n’ont pas compris le silence d’IBK qui a attendu pendant longtemps avant de se prononcer sur l’enlèvement de Soumaila Cissé. Ils ont dit que ce silence est suspect et que IBK doit endosser toute responsabilité si quelque chose venait à arriver à l’opposant.

« Soumaila Keita est victime d’un complot politique, » dira Mr Koita.

Les marcheurs   ont demandé également la dissolution de toutes les institutions au Mali et disent que le départ d’ IBK n’est pas négociable. « S’il part le peuple va se donner une nouvelle vision, » conclu Monsieur Naby.

Bazona Barnabé Bado

 

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