New York : Les « Sans – Domicile Fixe » , Mes Deux Heures dans leur Royaume

Le « Sans – Domicile Fixisme » est un problème indéniable à New York. Bien que la ville offre des logements temporaires aux Sans Domicile Fixe (SDF) , il y a parmi eux, ceux qui finissent dans la rue. 125th street and Lexington avenue à Harlem est l’un des endroits de la ville où les « Sans Domicile Fixe » vivent dans un monde à part entière.

Il était exactement 6 h 30 ce 10 octobre 2020, lorsque je suis descendu du métro à la 125th street and Lexington avenue à Harlem. Le boulevard Martin Luther King était presque vide, même si quelques chauffeurs d’autobus et de voitures traversaient le quartier d’ouest en est et vice – versa. Les lampadaires et les feux tricolores éclairaient les rues presque sombres. Harlem était sur le point de se réveiller. Pourtant, certains de ses habitants se sont déjà réveillés: Les « Sans Domicile Fixe ».  J’ai passé deux heures dans leur «royaume». Récit.

«Une belle journée venteuse», a déclaré un passant qui était occupé à parler au téléphone. J’ai jeté un coup d’œil sur mon téléphone et j’ai lu 59 degrés Fahrenheit soit 15 degrés Celsius.

Une belle journée allait commencer pour les habitués.  Je me tenais de l’autre côté de Lexington Avenue, près de la sortie du métro à la 125th Street. Un homme Noir, la soixantaine bien sonnée, est assis sur un sol nu. Il portait un long T-shirt des chaussures blanc – sales. Ses cheveux et sa barbe sombres et sales correspondaient à sa noirceur. Un Espagnol qui a presque le même âge et qui s’est  tenu  à ses côtés, a engagé une conversation avec lui. Une conversation qui a cédé  à un hurlement des deux côtés.

Le combat apparent s’est arrêté lorsqu’un autre homme de l’autre côté de la rue a envoyé une voix forte tel un cri de ralliement. L’Espagnol a répondu en criant de la même façon le bras levé à  l’air, et le poing fermé.

De l’autre côté de la rue, du côté nord-est de Lexington avenue, deux agents de police attendaient dans leur voiture. Une Noir  Sans – Domicile Fixe qui parlait toute seule, et qui marchait rapidement, s’est soudainement arrêtée. Elle a descendu lentement son pantalon et d’un geste rapide, a uriné sur le trottoir. Ses urines coulaient sur le trottoir comme des larmes qui descendaient des joues.

Elle traversa ensuite la voie direction ouest de la rue où un homme toussait beaucoup après avoir utilisé un stupéfiant. Un autre homme a vendu à un autre homme des stupéfiants. Une femme qui a été témoin de l’affaire a crié. L’odeur des stupéfiants et d’autres odeurs ont envahi la zone. Une bagarre a éclaté entre deux hommes. Un homme a poussé son «ami» contre un mur. «Je vous ai dit que c’était ma faute», a déclaré l’homme qui a été poussé contre le mur. Et il était libre après sa confession.

Une image qui dépeint ce que Salomon, un ancien Sans – Domicile Fixe, a écrit dans le journal Daily News à propos des Sans – Domicile Fixe : «J’ai vu dans les rues de Manhattan des Sans – Domicile Fixe, une aiguille dans le bras – ou utiliser les trottoirs comme dépotoir. Ce n’était pas seulement la qualité de vie des quartiers qui souffraient, mais aussi la leur. »

7 heures sonnent à l’horloge. “Bonjour! petit-déjeuner », a déclaré une femme qui a traversé la rue alors qu’elle cherchait d’autres hommes et femmes Sans – Domicile Fixe pour porter le message. Elle a longé   l’avenue du côté sud-est. Elle a été suivie par une dizaine de Sans – Domicile Fixe qui marchaient sur le trottoir. Avant d’arriver au lieu du petit-déjeuner, l’un d’entre eux s’est effondré sous l’effet de la drogue. Deux de ses «amis» sont venus à son secours. Ils ont essayé de l’aider à se tenir debout. Ils ne pouvaient pas car il était surdosé.

Ceux qui sont arrivés au petit-déjeuner ont eu droit à un café chaud et des omelettes servis par trois jeunes femmes qui avaient tout dans leur voiture. Les dames sont ensuite allées d’un endroit à un autre pour servir d’autres groupes de Sans – Domicile Fixe dans la même zone car ils vivent par groupe.

La 125th Street et Lexington Avenue est depuis de nombreuses années l’un des endroits les plus populaires où les Sans – Domicile Fixe mènent leur vie à leurs manières.

Être sans – domicile  n’est pas un choix :  «J’ai perdu près d’une douzaine de membres de ma famille à cause de maladies en quelques années seulement. Ensuite, je suis entré dans une profonde dépression et j’ai fini par me retrouver dans le labyrinthe de la bureaucratie du Département des services aux sans-abri (DHS) où, sur une période de deux ans, j’ai été déplacé à plusieurs reprises avant d’appeler le Holiday Inn Express de JFK chez moi pendant sept mois », a écrit Salomon.

Plusieurs autres raisons mènent au « sans-domicile fixisme ». «Des études ont prouvé que la principale cause de « sans – domicile fixisme », en particulier parmi les familles, est le manque de logements abordables. Des enquêtes auprès de familles des Sans – Domicile Fixe ont identifié les principales causes immédiates et déclenchantes suivantes de « sans – domicile fixisme »: expulsion; logements doublés ou très surpeuplés; violence conjugale; perte d’emploi; et les conditions de logement dangereuses, selon « The Coalition for the Homeless”, qui est une organisation de plaidoyer et de services directes aidant les hommes, les femmes et les enfants qui sont sans – domicile.

Les statistiques du site Web de la coalition révèlent que «en juillet 2020, 58 089 Sans-Domicile Fixe, dont 13 046 familles avec 19 278 enfants sans-domicile, dorment chaque nuit dans le système de logement municipal de New York.

Si certains Sans-Domicile Fixe bénéficient d’un logement temporaire, d’autres dorment dans les gares ou dans la rue. «Chaque nuit, des milliers de Sans-Domicile Fixe dorment dans les rues de New York, dans le métro et dans d’autres espaces publics», a déclaré  « The Coalition for the Homeless” sur son site Web.

Bazona Barnabé Bado

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