New York : Pourquoi nous mentons par rapport aux boulots que nous faisons ?

By : Roger Williams

Nous avons écrit dans le dernier journal sur les mots « fétiches » ou argotiques que le visitor ou le touriste qui vient à New York doit s’approprier. Aujourd’hui nous vous invitons à lire un autre sujet sur les boulots que la majorité des immigrés font à New York.

Avez – vous un doctorat, une maitrise, ou la licence, que vous avez obtenu dans votre pays ou dans tout autre pays en dehors des Etats – Unis, préparez – vous à l’arranger dans vos tiroirs ou au fond de votre valise, et soyez à vos marques pour bosser dur physiquement si vous décidez de s’installer définitivement à New York.

« Ma fille est en classe de terminale. Elle m’a appelé la fois passée et elle pleurait de façon inconsolable quand je lui aie dit que je travaille dans un restaurant » raconte K. T venant d’un pays de l’Afrique Francophone et qui s’est installé définitivement à New York depuis un certain temps. Et pourquoi ta fille pleurait ?  Lui demandai – je ? « J’ai obtenu ma maitrise en sciences économiques et j’étais un haut cadre de mon pays. Lorsque j’ai eu la ‘green carte’ par la loterie, je suis venu ici pour tenter mes chances, » explique K. T. Et de poursuivre : « Ma fille connaissant le salaire mensuel et les conditions dans lesquelles travaillent ceux qui sont employés dans les restaurants dans mon pays, elle était arrivée à la conclusion selon laquelle je souffrais et que j’avais échoué car c’était inconcevable pour elle que son père qui a occupé de hautes fonctions dans son pays devienne un employé dans un restaurant. »

L’exemple de K. T est la dure réalité que la grande majorité des immigrés vivant aux Etats – Unis affrontent. On bosse même munis de diplômes universitaires dans des restaurants, boutiques, super marches, pizzerias, taxis garages… La seule chose qui vous permettra peut-être d’obtenir un travail intellectuel, c’est d’oublier vos diplômes obtenus dans votre pays et repartir sur les bancs à la conquête d’un diplôme obtenu dans une université américaine.

 

 

Très souvent nous mentons à ceux qui sont restés dans nos pays d’origines en leur disant que nous faisons ceci ou cela. Certes dans chaque règle il y a des exceptions. Il y en a et très peu qui sont arrivés à s’imposer. Nous mentons par ce que nous sommes complexés.

Les immigrés qui sont complexés dans ça sont ceux venant des pays francophones ou l’éducation basée sur le système français préparent les futurs cadres des pays à travailler dans les bureaux. Quand on finit ses études, la tête est bourrée de connaissances livresques et on se bat pour décrocher un boulot à  la fonction publique. Et si on n’arrive pas à s’intégrer dans la fonction publique, on devient un chômeur. Dans les pays anglophones cependant, l’étudiant qui finit ses études n’attend pas forcement qu’il soit employé dans la fonction publique. A l’école il a eu à apprendre en plus des connaissances livresques, la connaissance pratique, celle qui lui permettra de faire face à la vie de lui-même sans trop attendre tout du gouvernement.

Venez à New York et allez dans une cafétéria, ou dans une boutique par exemple, le jeune homme ou la jeune fille qui vous servira le café, ou qui vous aidera à faire le choix de vos habits, est peut-être un étudiant qui a sa licence ou sa maitrise.

Les possibilités d’offre d’emploi par le gouvernement aux Etats – Unis sont limitées. Ceux qui aiment suivre les débats poliques aux Etats – Unis ont entendu sans doute les politiciens dire : « L’Etat ne crée pas des emplois, ce sont des entreprises privées qui crée les emplois. »

La vérité est que celui qui travaille dans un restaurant aux Etats – Unis gagne un peu mieux qu’un cadre de la fonction publique de certains pays Africains. Un conducteur de taxi à New York par exemple gagne au minimum 75 000 fca par jour.

La fille de K. T a essuyé ses larmes lorsque son père lui a rassuré  que les conditions ne sont pas les mêmes et qu’il gagne un peu plus que quand il était au pays.

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