New York : « Taste of Burkina Faso » le chaos de l’ABNY: JE M’INTERROGE  si ce n’est pas encore le Syndrome Burkinabè

JE M’INTERROGE est une  rubrique qui jette un regard critique sur les dossiers brûlants de l’heure d’ici et d’ailleurs.

L’actualité brûlante  de l’heure c’est l’organisation d’un évènement dénommé « Taste of Burkina Faso » initié par l’Association des Burkinabè de New York ( ABNY)  et qui s’est déroulé le 10 juillet dernier. La première dame du Burkina Faso, Sika Kaboré  et le ministre du commerce, de l’industrie et de l’artisanat Harouna Kaboré  devraient prendre activement part à  cet évènement. La première dame devrait être la « Patronne » et le second le « Parrain ». L’ABNY avait cogité  et avait  trouvé  un partenaire de taille « Fashion Alive et Tondaaga, » une entreprise du styliste Burkinabè Issa Sorogo dit Sorobis. Un journal dont la ligne éditoriale serait  focalisée sur la mode et le tourisme devrait voir le jour. Et puis c’est le chaos sur fond de deal d’argent. La première dame était belle et bien à New York mais n’a pas participé à la cérémonie. Le ministre du commerce qui était quelques jours auparavant en Côte d’Ivoire s’est excusé.

JE M’INTERROGE si ce n’est pas encore le syndrome Burkinabè. Partout ou il y a affaire d’argent les Burkinabè n’arrivent pas à accorder leurs violons pour chanter la même hymne. Ou du moins ils les accordent toujours mal pour égrener des notes discordantes. On nous dit que « Sorobis tente de faire de l’argent sur le dos de l’ABNY. » Entre nous, 3650 dollars soit  à peu près 1 million et poussière de franc CFA pour un styliste qui va prendre un  vol aller et retour et vivre de ça, n’est que dérisoire. Le hic, c’est que  L’ABNY s’est habitué  au travail gratuit. Tout le monde n’est pas prêt à consentir ce sacrifice. Sans doute qu’elle attendait que la manne tombe des poches de la première dame et du ministre du commerce. Je paris fort que même si la manne tombait, il allait y avoir des crocs en jambes. Souvenez – vous des 60 millions de franc CFA accordés à l’ancien bureau pour organiser la journée du 8 mars ? Ce pactole s’est volatilisé  sans que personne ne sache ou c’est renter. Lors d’une réunion de l’ABNY j’ai dû  déposé ma camera, mon stylo et bloc – note pour séparer une bagarre éclatée  entre un membre de l’ancien bureau et un Burkinabè qui voulait en savoir davantage sur cet argent.

 JE M’INTERROGE pourquoi African Journal n’a pas été invité  à couvrir cet événement. C’est encore le syndrome Burkinabè.  Nous avons couvert jusqu’ici tous les évènements organisés par l’ABNY même quand elle tousse. Si bien que beaucoup de Burkinabè pensaient que nous étions en parti financé  par l’ABNY. Je profite pour dire haut et fort  que nous n’avons jamais reçu un centime de l’ABNY. J’ai toujours couvert les évènements de l’ABNY en vue d’apporter ma contribution au rayonnement de notre communauté.

Au contraire lors de la levée de fonds organisée le mois dernier par l’ABNY et comme bien d’autres Burkinabè, j’ai donné 100 dollars au nom du journal. Un de mes collègues a donné 300 dollars à son nom propre.  Cela fait plus de 11 ans que je couvre les évènements de l’association. Même quand j’ai organisé le débat pour l’élection du président actuel de l’ABNY j’ai refusé l’argent qu’on me proposait. Et pourtant tous ceux qui étaient impliqués dans l’organisation de cette élection sont passés à la caisse.

Ablassé  Ouédraogo, ancien patron de l’organisation mondiale du commerce, ancien ministre des affaires étrangères du Burkina Faso et actuellement président du parti politique «Le Faso Autrement » disait que le « Burkinabè est méchant et mesquin ».  Il faudra d’abord noter que le Burkinabè qui vit au Burkina Faso n’est pas différent de celui qui vit à l’extérieur du pays. En d’autres termes, le Burkinabè de l’intérieur et celui de l’extérieur, c’est même pipe même tabac. Le Burkinabè n’aide pas le Burkinabè. Il cherche toujours à détruire l’autre, à le faire disparaitre s’il en était capable. Il veut à la fois l’aide de l’autre et le détruire en même temps.

 Jetons un coup d’œil autour de nous ici à New York. Des Burkinabè ont ouvert des business qui n’ont pas fait long feu parce qu’ils comptaient sur des Burkinabè. Il y a des restaurants sénégalais, guinéens, Ivoiriens, Ghanéens qui refusent du monde et la majeure partie de la clientèle est originaire des pays d’origine de ces propriétaires de restaurants. Le seul Burkinabè qui évolue dans ce milieu s’est vu obliger d’afficher à l’intérieur de son restaurant des images d’américains noirs pour attirer la clientèle car la clientèle burkinabè est rare comme des larmes de crocodile. Et quand on a besoin de lui on sait qu’il est Burkinabè.

Revenons à  African Journal. Il y a des Burkinabè qui pensent que ce journal va s’éclipser s’ils ne nous aident pas. Qu’ils se détrompent. Je suis un homme de foi et ma foi se repose en Dieu et non en un individu. En plus je suis un journaliste et non un griot. Permettez-moi de vous donner deux autres exemples. Souvenez – vous de cette levée  de fonds en septembre 2020 organisée par la diaspora Burkinabè des USA pour venir en aide aux déplacés et aux forces de l’ordre ? il y a un seul journal de la diaspora Burkinabè aux USA et c’est African Journal. Savez -vous  que les organisateurs de cet événement en ligne nous avaient écarté  dès le départ  tout simplement parce qu’ il y avait  de l’argent en jeu ? Chacun des initiateurs devraient empocher quelque chose. Au finish ils se sont bagarrés. Comme il n’y avait plus d’argent à gagner, c’est là que nous avons été impliqués.

En ce qui concerne l’élection présidentielle à New York en septembre dernier, le président de la CENI m’ a envoyé un communiqué  que j’ai publié dans African Journal. Il m’a appelé plus tard pour couvrir  une conférence en ligne alors que j’avais un autre rendez-vous à  la même heure.  Je me suis excusé  et lui ai proposé  un rendez-vous qu’il n’a pas honoré. Lorsque l’argent de la CENI est tombé  et qu’il fallait procéder aux accréditations, il m’a écarté.  Au jour  «  J » de l’élection il a retroussé ses manches, bandé  ses biceps  pour m’assener un coup KO  parce que je suis venu selon lui sans être accrédité. Être accrédité signifie que je serai pris en charge financièrement. J’ai couvert l’événement pour lui signifier que je n’étais pas là-bas pour son argent. Je n’ai même pas mentionné l’incident dans mon écrit.

JE M’INTERROGE  si l’ABNY est conscient que l’argent ne se trouve  pas au Burkina Faso mais à  NEW YORK. Notre nombre fait notre force. Et des non Burkinabè utilisent cela pour se faire une place au soleil. Il faut s’impliquer forcément dans la politique New Yorkaise. Il y a l’argent mais c’est l’information qui manque. Ce n’est pas avec les gens de la rue qu’on va avoir cette information. C’est là qu’on va cesser d’être « une  diaspora de la mendicité » pour reprendre les termes de Seydou Kaboré, ambassadeur du Burkina Faso à  Washington DC.  

Bazona Barnabé  Bado

 

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