Quand Maimouna imposa l’embargo sexuel

By : Jedida Eunice Bado

La rencontre eut  lieu à l’hôpital entre Robert et Maimouna. Il y travaillait. Elle y était admise en tant que patiente. De cette rencontre fortuite dans ce couloir de la mort, l’amour naît et les destins se jouaient jusqu’à ce que le mariage fût célébré et qu’un jour la police New Yorkaise descendit dans la maison conjugale et embarqua manu militari le père de famille tel un voleur.

Maimouna était venue se chercher à New York. Oui, elle était venue comme des millions d’autres immigrants pour le rêve Américain. Robert lui avait fini ses études en médicine et travaillait dans un hôpital de la place à New York. Lui et Maimouna venaient du même pays. Ils ne se connaissaient pas auparavant.

Ce jour-là, Robert entra dans la salle de soins comme à l’accoutumée pour s’occuper des patients. Il remarqua que l’un des malades avait été libéré et qu’une autre patiente occupait le lit. Cette patiente-là était Maimouna. Elle était placée sous perfusion et avait les yeux à demis – clos et râlait comme si la mort était imminente. Les docteurs expliquaient qu’il y avait peu d’espoir.  Robert était désormais chargé de suivre l’état de santé de Maimouna. Il savait que les jours de Maimouna étaient comptés. Mais il pensait que le miracle était aussi possible. C’est ainsi qu’il intensifia les soins, bombarda la jeune demoiselle avec de médicaments adéquats.

Les jours se succédèrent aux jours. Les nuits aussi. L’état de santé de Maimouna s’améliora. Et cela faisait 30 jours qu’elle était alitée à l’hôpital. Elle n’avait reçu aucune visite de qui que ce soit. Elle confia à Robert qu’elle n’avait personne à New York et qu’elle vivait toute seule. Et Robert eu compassion d’elle. Désormais, il était devenu son frère et prenait bien soin d’elle.

Et Maimouna fut libérée de l’hôpital. Elle rejoignit son domicile. Robert lui rendait visite régulièrement. Maimouna était un « sans – papier » et sans aucune assurance santé et devrait faire face aux frais de l’hôpital ainsi que payer son loyer et autres factures. Et Robert paya cache.

Maimouna était totalement guérie. La joie de vivre renait. Elle s’accrocha comme une sangsue à Robert. Elle lui disait chéri je t’aime. Et Robert tomba sous ses charmes. L’amour nait de son cœur naïf et sincère. Il se confia désormais à la jeune demoiselle. Une année passa. Tout allait à merveilles entre les désormais deux tourtereaux. Maimouna était douce, respectueuse, et soumise. C’était le prototype de femme dont Robert rêvait. Mais derrière cette femme soumise se cachait un démon.

Quand elle manifestait le désir d’épouser Robert celui – ci ne réfléchit pas par deux fois pour donner son accord. Le mariage fut célébré à la Mairie devant Dieu et devant les hommes, pour le pire et pour le meilleur. Mais le pire allait l’emporter.

Désormais Robert et Maimouna vivent sous le même toit comme mari et femme. Une année passa et tout semblait aller parfaitement. Maimouna accoucha d’un joli garçon. Une autre année passa. Maimouna avait reçu la Green Card (carte verte). Elle n’était plus un « sans – papier » et était à quelques pas d’obtenir la nationalité Américaine grâce à Robert puisque ce dernier avait la citoyenneté américaine. Car toute personne qui épouse un homme ou une femme ayant la citoyenneté américaine peut acquérir la nationalité grâce à son époux ou épouse.

Maimouna étant assurée qu’elle était sous l’abri, c’est-à-dire qu’avec ou sans Robert, la vie New Yorkaise pouvait être belle. Elle n’est plus ce « sans – papier » d’il y a deux ou trois ans. Robert était devenu encombrant pour elle. Il l’empêchait de vivre sa vie. Elle ne cachait plus ses multiples copains qu’elle fréquentait en cachette. Même sur le lit conjugal elle ne se gênait plus à parler au téléphone a ses copains et fixait même des rendez – vous. Robert telle une carpe ne pipait mot.

Maimouna refusait désormais de faire la cuisine. Elle imposa un embargo sexuel.  Robert resta silencieux.

Ce jour-là, Robert était assis dans le salon et suivait la télévision quand quelqu’un tapa à la porte. Maimouna qui était dans la chambre se précipita pour ouvrir. Un homme fut son entrée. Elle se jeta à son cou. Elle lui donna mille et un baisers sous les regards impuissants de Robert. Cela étant, elle dit à son amant de repartir et qu’elle le rejoindra dans les minutes qui suivront. Ce qu’elle exécuta. Robert ne dit mot.

Maimouna atteint le paroxysme de ses inconduites quand Robert la surprit ce jour-là sur le lit conjugal avec un de ses amants. Robert, le pauvre Robert ne dit rien.

Quand l’amant repartit, Maimouna sortit un couteau et fait une grande cicatrice sur son bras. Elle accusa Robert et appela la police. Devant le sang qui giclait la police ne demanda pas la version de Robert qui fut menotté et jeté en prison.

Que devient Maimouna alors ? la plaie sur son bras s’est empirée et est devenue un cancer. Elle mijote actuellement sur son sort à l’hôpital.

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