Simon Compaoré et les militants du MPP de New York se sont dit les vérités

Simon Compaoré président par intérim du Mouvement pour le Peuple et le Progrès ( MPP) accompagné par Bruno Dipama membre du bureau exécutif national a rencontré hier les militants du parti au pouvoir pour dit – il leur donner des informations sur le fonctionnement du pays et recevoir leurs contributions.

Les deux émissaires étaient entourés au présidium par les secrétaires généraux des sections des Etats de New York, Washington DC, New Jersey, Pennsylvanie et du secrétaire général adjoint de la section de New York.

C’est Omer Ouédraogo secrétaire général de la section de New York qui a d’abord pris la parole pour planter le décor. Il dira que la présence de Simon Compaoré témoigne de l’importance qu’il accorde aux militants du MPP de New York. Les autres secrétaires généraux ont également pris tour à tour la parole qui pour remercier l’hôte du jour et qui pour lui exprimer leur soutien. « Notre parti est un parti atypique, très jeune et a fait des pas qu’aucun parti n’a jamais pu faire, » dira le secrétaire général de la section de Washington DC.

Le moment important est venu lorsque Evariste Kéré secrétaire général adjoint de la section de New York et par ailleurs porte-parole du bureau exécutif a pris la parole pour exprimer leur mécontentement vis-à-vis du parti. « Nous venons de très loin, parce que nous avons pris le parti quand il était bébé et nous avons travaillé pour qu’il soit au pouvoir ; mais nous nous sommes sentis orphelins quand le parti est arrivé au pouvoir, » a – t – il dit en faisant allusion au fait que le parti n’a jamais délégué officiellement une personnalité pour venir les rencontrer. Pour lui, ce délaissement pouvait avoir des conséquences incalculables. « Les partis qui n’ont pas eu le pouvoir ont fait mieux que nous qui sommes au pouvoir, » a – t – il mentionné en faisant également allusion au parti adverse, le Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP). Mais il met du bémol dans ses propos en disant que la présence du président par intérim les a donnés de l’espoir.

Viendra ensuite le discours du doyen. Georges Kaboré c’est de lui qu’il s’agit, prendra la parole pour aborder à peu près dans le même sens que le porte-parole. Morceaux choisis : « Je veux éclaircir une idée fausse : celle qui consiste à dire que la diaspora américaine est très riche. 80 % de la diaspora américaine tire le diable par la queue. Il faut que la diaspora puisse être prospère ; elle a besoin de votre aide… La section du MPP n’est pas riche. Elle a besoin de votre soutien. Il faudra les aider à vous aider. »

Avant de donner la parole à Simon Compaoré, Issifou Ouédraogo ancien président de l’association des Burkinabè de New York et Brice Ouédraogo tous deux militants du MPP ont respectivement présenter la biographie de Simon Compaoré et lu la déclaration du MPP.

Simon Compaoré prend le micro et quitte le présidium pour s’adresser aux militants. « J’ai l’habitude de parler debout, » dit – il. Et d’ajouter : « c’est une rencontre du donner et du recevoir. » Il rentre tout de go dans le vif du sujet en expliquant qu’ils ont pris le risque de quitter le navire qui tanguait et qu’ils avaient contribué à confectionner afin de construire un autre navire qui a plus de chance de traverser les eaux et d’arriver à bon port. Répondant à la préoccupation des militants qui disent qu’ils se sentent abandonnés, Simon dira que c’est vrai et faux. Pour lui c’est vrai parce que la dernière fois que lui Simon a mis pied aux Etats – Unis remonte à une vingtaine d’années. C’est faux parce que selon lui « nous avons été confrontés à des difficultés par ci et par là et il fallait qu’on s’organise et qu’on se mobilise pour aller sur tous les fronts pour que nous ne soyons pas terrassés par des vampires. » et d’ajouter : « Sinon ce n’est pas de la négligence, nous sommes venus cet après-midi pour réparer les torts. »

Comme pour répondre au doyen Georges Kaboré, Simon dira que « nous on n’a pas d’or ni d’argent mais on demande à Dieu de vous récompenser. » Il va jusqu’à mentionner en anglais une citation de John Kennedy ancien président des USA qui avait dit à l’époque : « Ask not what your country can do for you, ask what you can do for your country. » Ce qui veut dire en français « Ne demande pas ce que ton pays peut faire pour toi, demande ce que tu peux faire pour ton pays. »

Après cela il fera le tour d’horizon sur la situation nationale. En abordant la situation sécuritaire, il dira que six régions au Burkina Faso font l’objet d’attaques terroristes et que parmi ces terroristes on retrouve des bandits, des fraudeurs, des trafiquants et des gens qui utilisent la religion. « C’est ça la complication, » a – t – il dit. Il poursuit en disant que « ces gens attaquent même dans les pays développés. » Il a toutefois rassuré les uns et les autres en disant que tout est réuni pour assurer la sécurité. « Pas de découragement à ce niveau, » dira – t- il. Il a promis par exemple d’augmenter la puissance de frappe du côté militaire, et il a aussi dévoilé l’existence d’un programme de développement économique au profit de la zone sahélienne. C’un projet d’un coût global de plus de 400 milliards de francs.

Parlant des conflits inter communautaires qui ont occasionné des pertes en vies humaines, Simon dira que la justice est en train de faire son travail.

Pour ce qui concerne la situation économique, il dira que la situation est « difficile mais pas désespérée. » Et que les partenaires continuent d’accompagner le gouvernement dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’eau…

Parlant de la corruption, il dira que c’est une lutte à mort. « Nous ne tenons pas la palme d’or ; il n’ya pas de pays ou il n’ya pas de corruption, » a – t – il it.

Concernant les élections de 2020, il dira que pour la première fois les Burkinabè de l’extérieur pourront voter. Lorsque nous lui avons demandé si les élections auront lieu si les terroristes continuent de nous terroriser, Simon dira que « les terroristes frappent mais nous frappons aussi. » « Nous avons les moyens. »

Nous sommes également revenus sur la lettre que l’ancien président du Burkina Faso Blaise Compaoré a adressé au président Rock Marc Christian Kaboré. Simon dira que le gouvernement a pris acte. Nous avons voulu savoir c’est que signifie « prendre acte ». « Le gouvernement a émis un avis » précise – t – il. « Est-ce que vous acceptez oui ou non les offres de Blaise Compaoré ? » Sur notre insistance, Simon nous dit d’aller demander au président Rock et que c’est à   lui que la lettre a été adressée, avant de lâcher en anglais : « I am not going to make the mistake. » En français « Je ne vais pas tomber dans le piège. »

Auparavant il avait dit que « nous sommes pour le dialogue social. » et d’ajouter : « la réconciliation c’est la justice, la vérité et le pardon, mais pas à la Ablassé. »

Il y a eu ensuite des questions réponses. On notera particulièrement l’intervention de cette dame qui a engagé un débat direct dans le ton avec Simon. Elle estime qu’il est temps que les Simons et compagnies cèdent la place aux jeunes parce que selon elle, il y a longtemps qu’ils sont là. La réponse de Simon ne s’est faite pas attendre : « Le changement aura lieu de notre propre chef, » dit – il avant d’ajouter : « Vous prêchez à des convaincus, nous allons sortir par la grande porte, nous faisons la promotion des jeunes. »

Bazona Barnabé  Bado et Mustapha Diaoune

 

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