Vivre le pardon en famille

Dans cette rubrique famille, Bérenger Ouédraogo revient sur le pardon, cette fois – ci en nous parlant de ces chemins sans issues.

Vivre le pardon en famille est un chemin d’apprentissage. Demander pardon ou donner le pardon exige du courage et de la décision. Cela s’apprend car ce qui est plus spontané en nous, c’est la colère, le désir de vengeance, la rancune ou l’amertume. Le pardon est un choix, une décision personnelle. Je choisis de restaurer la relation bien que j’aie été blessé ; je prends le temps de comprendre ce qui m’a blessé ou ce qui a blessé l’autre si je suis le fautif. J’attends un moment de détente pour exprimer ce qui m’anime dans la tendresse.

Pardonner vient du latin per (qui indique une totalité, une plénitude, une perfection) et dare, donner, ce qui veut dire donner parfaitement. Toutefois, nos stratégies sont parfois vaines, car elles cachent des peurs qui empêchent d’expérimenter la beauté du pardon : peur de se faire avoir, de reconnaître ses torts, de se montrer vulnérable etc. Toutefois, il est possible de pardonner et d’être pardonné.

Demander pardon, c’est prendre conscience de ce qui a blessé l’autre, c’est décider de me tourner vers lui, c’est écouter sa souffrance pour recréer l’harmonie.  Accorder le pardon, c’est reconnaître sa blessure et refuser l’élan de la vengeance. Celle-ci porte notre attention et notre énergie sur le passé (ce qui est arrivé) et nous amène à nous conduire comme notre offenseur.

Dans les deux sens, demander ou donner le pardon, c’est accepter d’ouvrir un chemin nouveau de vie en puisant dans ses ressources spirituelles. Desmond Tutu affirme qu’ « il n’y a pas d’avenir sans pardon ». Le mot grec pour signifier l’acte de pardonner est le verbe Aphèô qui veut dire libérer, délier comme on libère un prisonnier. Ainsi, notre vie quotidienne sera jonchée de petits pardons donnés et reçus. Le pardon est un outil formidable pour recréer toujours la vie que l’offense a terni ou à failli détruire. Il procure la santé physique et spirituelle, il est source de libération et de restauration ; cela épanouit notre vie et nous facilite le succès de tous genres.  

Pour bien vivre le pardon en famille, il y a des chemins sans issues qu’il faut éviter. Ces chemins sont des attitudes que nous développons et qui nous éloignent du pardon.

Oublier : faire comme si de rien n’était.

Se justifier : donner des explications pour se donner raison.

Manquer d’humilité : vue mon rang, je ne lui demanderai pas pardon.

Refuser d’être responsable : je ne l’ai pas fait exprès.

Nourrir la colère : Quand je te blesse, tu réagis avec colère et je m’emporte à mon tour.

Manipuler : C’est toi qui m’as blessé. A toi de me demander pardon.

Vivre le ressentiment : Je n’oublierai jamais le mal que tu m’as fait.

En pardonnant, nous faisons disparaître de nos familles les murs de la haine et de la violence. Nous cultivons alors la paix en famille. Jean Paul II l’a si bien dit : « Une paix véritable n’est possible qu’à travers le pardon. »

Exercice : Quelles sont les occasions dans lesquelles tu te sens souvent blessé(e) ? Quel point sensible ou quelle fragilité cela révèle-t-il ?

Wendlassida A. Bérenger Ouédraogo

Certified Relationship Coach. Family Life and Chastity Educator.  Author

One Reply to “Vivre le pardon en famille”

  1. Cette article m’a donné beaucoup pour réfléchir. J’ai une situation dans ma famille que me parait sans solution. Peut-être ce que vous dites ici illumine le chemin que j’ai longtemps cherché.

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