Vote de la Diaspora Burkinabè en 2020: « Il n’y a aucun doute. La diaspora va voter »… A condition !

La diaspora burkinabè de New York a reçu une délégation de commission électorale indépendante nationale (CENI) ce dimanche 9 décembre 2018 au 296 East 149th Street dans le Bronx. Au menu des échanges, des informations sur la participation des Burkinabè de l’étranger à l’échéance électorale de 2020.

Une mobilisation timide dans une salle qu’on pourrait qualifier de chambre froide. Et pour une rencontre qui devrait commencer à 15h (heure locale), c’est à 17h moins le quart qu’elle a pu commencer. Qu’à cela ne tienne, la rencontre a bel et bien eu lieu. C’est dans un échange à bâton rompu pour mettre tout le monde sur le même niveau d’information que la délégation de la CENI conduite Mme Delphine W. Barry/Traoré vice-présidente de la CENI s’est entretenue avec les Burkinabè de New York. L’objectif de leur déplacement explique-t-elle, « est en rapport avec les élections présidentielles de 2020 en vue de donner un certains nombre d’informations sur les circonscriptions diplomatiques qui seront concernées par ces élections mais aussi sur les conditions  que les électeurs de la diaspora doivent remplir afin de prendre part aux dites élections ». Six grands points ont fait l’objet de l’exposé de la délégation. Il s’ est agit entre autres des conditions d’éligibilité des pays ou la diaspora peut voter en 2020, des documents exigés, les modalités du scrutin, le type de scrutin auquel les électeurs de la diaspora peuvent prendre part, etc. « Il n’y a aucun doute. La diaspora va voter en 2020 » s’est voulu rassurante la cheffe de la délégation. Cependant, l’une des conditions à en croire Esther P. Kiéma secrétaire générale de la CENI, « est que dans chaque pays l’ambassade et/ou consulat réunissent 500 immatriculés conformément à l’article 72 du code électoral ». Nombre requis pour l’ouverture d’un bureau de vote. Ce nombre indique la secrétaire générale de la CENI a été fixé en fonction du nombre d’électeurs par bureau de vote sur le plan national. En outre, le corps électoral au Burkina est constitué de tous les Burkinabè des deux sexes, âgés de 18 ans à la date du scrutin, jouissant de leurs droits civiques et politiques, inscrits sur la liste électorale et n’étant pas dans un cas d’incapacité prévu par la loi. Pour voter à l’étranger donc, il faut être Burkinabè, inscrit sur la liste électorale et régulièrement immatriculé à l’ambassade ou au consulat dans son pays de résidence. Pour les documents d’enrôlement, l’article 52 et 53 du code électoral indique que  la diaspora doit disposer d’une Carte nationale d’identité burkinabè (CNIB) ou d’un passeport en cours de validité.

Conditions du vote de la diaspora

En effet, le document ayant servi à l’inscription sur la liste électorale sera également utilisé pour le vote. Par ailleurs, le droit de vote de la diaspora entre en vigueur à partir du 1er janvier 2020 et les Burkinabè de la diaspora peuvent participer à deux types d’élections que sont le référendum et l’élection présidentielle.  Le Burkina Faso n’ayant donc pas encore adopté le vote par correspondance ni par procuration encore moins le vote électronique, la présence physique au bureau de vote est obligatoire pour l’électeur qui veut exercer son droit de vote. L’occasion faisant le larron, les Burkinabè de New York qui ont pris part à la rencontre d’information ont saisi l’occasion pour exprimer certaines inquiétudes liées notamment aux coûts des différents déplacements des membres de la CENI mais aussi les aspects pratiques liés à l’immatriculation des Burkinabè à l’intérieur des États-Unis. Pour la vice-présidente, le contenu des échanges et les préoccupations exprimées par les Burkinabè de la diaspora sont la preuve qu’il était nécessaire de le faire. Autrement, ils n’auraient pas pu recueillir les préoccupations des uns et des autres pour les transmettre à qui de droit pour que des solutions soient trouvées. Pour le consul adjoint, Apollinaire Ouédraogo qui a également pris part à la rencontre, il a rassuré les uns et les autres que des dispositions seront prises pour faciliter les immatriculations et permettre aux Burkinabè des États-Unis d’exercer leur droit de vote. Il est à noter qu’à l’issue de la tournée d’informations des Burkinabè de l’étranger, l’Office nationale d’identification (ONI) prendra le relais pour des déplacements dans les différents pays pour la délivrance des documents électoraux, en l’occurrence les passeports et les CNIB. Les Burkinabè ont donc jusqu’au 30 juillet 2019 pour se conformer s’ils veulent participer aux élections de 2020. Et Mme Barry a conclu en jetant la balle dans le camp de la diaspora. 

Wend-Tin Basile Sam

 

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