Le 13 juin dernier, le Grand Chancelier des Ordres Burkinabè a décoré dans les locaux de la Mission diplomatique du Burkina Faso à New York une dizaine de Burkinabè et non Burkinabè de la diaspora choisis parmi une cinquantaine d’autres Burkinabè qui avaient été nominées.
Un choix que le Grand Chancelier des Ordres Burkinabè, le Colonel André Rock Compaoré a dit d’embêtant. Le comité de sélection mis sur pied pour la circonstance a manqué une opportunité en or pour reconcilier les Burkinabè de New York dont la division est connue de tous.
Ecrire sur cette affaire en faisant quelques critiques est un exercice difficile pour moi dans la mesure où le Co – fondateur de votre Journal faisait partie des heureux nominés. Il peut y avoir ici un conflit d’intérêt. Nonobstant, l’éthique journalistique et cette conviction selon laquelle l’unité tant recherchée ne pourra se matérialiser s’il n’ y a pas de critiques objectives, me recommandent de couler de l’encre. Seuls les esprits murs comprendront la démarche.
J’ai critiqué à mille et une reprises la communauté Burkinabè de New York dans certains journaux. Donc ce n’est pas la première fois que je fais cet exercice.
Je voudrais d’abord féliciter tous ceux qui ont été décorés. Je voudrais joindre ma voix aux autorités pour dire que vous le méritez. Chapeau. Seydou Kaboré l’Ambassadeur du Burkina Faso à Washington a dit que vous êtes « la crème de la crème. » Je valide. Je voudrais aussi encourager tous ceux qui n’ont pas été retenus. Partout où il y a un choix, il y aura toujours des « élus » et des « non – élus » . Vous n’avez pas démérité. Continuer à œuvrer pour la cause de la diaspora Burkinabè.
Je ne connais pas les critères de sélection. Si j’étais membre du comité de sélection, je n’allais pas rater cette belle opportunité pour reconcilier les Burkinabè de New York d’avec eux-mêmes. Une communauté qui est plus que jamais divisée. Même le Président du Faso Rock Marc Christian Kaboré est soucieux de cette désunion au sein de cette communauté Burkinabè New Yorkaise. Il est monté au créneau pour appeler à l’unité lors de sa rencontre avec les Burkinabè à New York. Un cri désespéré qui semble tomber dans les oreilles d’un sourd.
C’est le même souci d’unité qui aurait guidé des Burkinabè de New York à entreprendre des initiatives afin qu’il ait une candidature unique lors des élections du délégué du Conseil Supérieur des Burkinabè de l’Extérieur qui se sont déroulées en juin dernier. Une initiative qui n’a accouché que d’une souris.
Parmi la cinquantaine des dossiers reçus pour la sélection des récipiendaires qui ont été décorés, il y avait aussi des noms des différents protagonistes qui alimentent la désunion au sein de la communauté des Burkinabè de New York. Mon souci ce n’est pas de savoir qui a été retenu ou pas. Si j’étais membre du comité de sélection, j’exigerais que les différents protagonistes chantent d’abord l’hymne de la paix avant que la médaille Burkinabè ne soit posée sur leur poitrine. Il y a eu des personnes aussi méritantes ou peut être plus qui ont été oubliées. Que dire de ceux – là qui mettent leurs locaux à la disposition des Burkinabè de New York à chaque fois qu’il y a une rencontre ? Que dire de ces braves femmes qui dorment au chevet des malades dans les hôpitaux ou qui accueillent chez elles des Burkinabè qui arrivent nouvellement du pays et qui ne savent pas où aller ?
Hélas ! l’unité tant recherchée n’est pas pour demain. Et même une première liste de candidatures aurait été rejetée car il y avait polémique : les noms de certaines personnes n’y figuraient pas . C’est la seconde liste réajustée qui aurait été validée et c’est dans cette liste que les onze candidats ont été retenus. Ce qui me renvoie à cette image des concours que l’on réorganisait pour recruter une tierce personne sous l’ère Blaise Compaoré. Vraiment « Plus Jamais rien ne sera comme avant ! » Et pourtant.
