AES – Human Right Watch: La dignité de l’Union Européenne commencera par son courage à dire la vérité

Par Bazona Barnabé Bado

J’ai lu avec dégout et de manière la plus révoltante un article paru dans une publication sur le site web « Human Right Watch » intitulé « L’UE devrait placer la protection des civils au cœur de sa nouvelle approche au Sahel. »

Ecrit par Ilaria Allegrozzi, chercheuse senior sur le sahel et Philippe Dam, directeur du plaidoyer auprès de l’UE, cet article vient une fois de plus démontrer la partialité et le mépris d’une certaine presse qui se veut respectable envers des pays envahis par une horde de terroristes envoyés, guidés, armés et financés par certains pays membres de l’Union Européenne (UE) dont les deux soit – disant chercheuse et directeur du plaidoyer se font les porte-paroles.

J’ai lu cet article avec l’œil du journaliste de formation que je suis et je suis tombé des nues vue des titres ronflants que se sont attribué ces deux écrivains travaillant pour le compte d’une organisation digne de ce nom.

Voici un extrait de l’article en question: « Les conflits de plus en plus violents entre les groupes armés islamistes et les forces gouvernementales, ainsi que la répression croissante depuis les coups d’État dans les trois pays, ont fait subir aux civils d’innombrables atrocités. Dans chaque pays, les civils ont été confrontés à une recrudescence d’attaques meurtrières perpétrées par des groupes armés islamistes et à des exactions commises par les forces militaires et leurs alliés. Au Mali, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), lié à Al-Qaïda, assiège la capitale, Bamako, coupant l’approvisionnement en carburant et poussant la junte à fermer les écoles et les universités.

Au Burkina Faso, l’armée et les milices alliées ont mené des opérations de contre-insurrection entachées d’abus qui ont entraîné des massacres de civils et d’autres violations graves pouvant constituer des crimes contre l’humanité.

Au Niger, l’État islamique dans la province du Sahel a intensifié ses attaques contre les civils dans l’ouest du pays, exécutant des centaines de villageois et incendiant des dizaines d’habitations.

Dans ces trois pays, les autorités ont réprimé les médias, l’opposition politique et la dissidence pacifique, faisant disparaître de force, détenant et parfois enrôlant illégalement les détracteurs des pouvoirs en place. La junte malienne a également interdit tous les partis politiques, réduisant l’espoir d’une transition vers un régime démocratique civil.

Les juntes sont en train de lentement et peut-être inexorablement supprimer tout espace civique.

Dans le même temps, les juntes ont adopté et promu un discours anti-occidental et se sont éloignées des institutions régionales et internationales, notamment en quittant la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et en indiquant leur intention de quitter la Cour pénale internationale.

Après des années de politiques dispersées, d’initiatives bilatérales et d’absence de voix unifiée et cohérente, une stratégie européenne renouvelée peut être une occasion importante de ramener l’UE dans le jeu, à condition qu’elle place la sécurité des civils et leur bien-être au centre de ses préoccupations.

Il ne peut y avoir de stabilité tant que des civils sont délibérément pris pour cible, ni de coopération en matière de sécurité avec des gouvernements qui commettent des crimes en toute impunité, ni de légitimité si l’UE détourne le regard de la souffrance des populations affectées par les conflits.”

Après leurs élucubrations, les deux gribouilleurs font leurs plaidoiries en ces termes :

« Premièrement, la stratégie renouvelée de l’UE devrait clairement exprimer la demande que toutes les forces gouvernementales et leurs alliés doivent agir pour protéger tous les civils à tout moment. Ce principe devrait être non négociable.

Deuxièmement, l’UE devrait se concentrer sur le soutien aux victimes de violations graves des droits humains, notamment par le biais de l’aide humanitaire, des soins de santé, du soutien psychologique et de l’accès à la justice pour elles et leurs familles.

Troisièmement, la justice et la reddition de comptes devraient être au cœur de tout engagement de l’UE. Une surveillance indépendante des forces de sécurité, des enquêtes sur les crimes et le fait de rester membre de la Cour pénale internationale devraient être des conditions essentielles à tout futur partenariat en matière de sécurité.

Enfin, l’UE devrait soutenir les organisations de la société civile, les défenseurs des droits humains, les journalistes et les chercheurs, qui pourraient contribuer à ramener le Mali, le Burkina Faso et le Niger sur la voie du respect des droits humains et de l’État de droit. La crédibilité stratégique de Bruxelles au Sahel sera jugée non seulement à l’aune de son action en matière de sécurité, mais aussi sur sa volonté d’agir en faveur de la dignité, de la responsabilité et de la justice. »

Dans leur première proposition, ils demandent à l’UE d’exiger aux forces gouvernementales des trois pays de l’AES la protection de tous les civils à tout moment. Dans leur deuxième requête, ils demandent à l’UE de soutenir les victimes de violations graves à travers l’aide humanitaire et la justice ; troisièmement, ils demandent la reddition des comptes des trois dirigeants de l’AES.

Là ou le bât blesse, c’est que nulle part dans leurs plaidoiries, ils ne font aucune référence aux groupes djihadistes. Ils veulent abattre l’arbre en évitant de s’attaquer à la racine de celui – ci. On s’en prend aux victimes tout en ignorant les bourreaux.

Ils feignent d’ignorer la triste réalité. Qu’est ce qui a occasionné tous ces troubles dont ils évoquent ? C’est bien le terrorisme. Qui finance le terrorisme ?   Ce sont bien des puissances étrangères. Alors chers chercheurs, dites à vos Patrons de cesser de financer les terroristes et on ne parlera plus de violation de droits humains, ou de crime contre l’humanité.

Crime contre l’humanité, parlons – en. Voici la définition étayée par l’organisation « Urgence Juridique » : « Un crime contre l’humanité est défini comme un acte inhumain commis dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique contre une population civile, souvent motivé par des considérations politiques, raciales ou religieuses. Ces actes incluent le meurtre, l’esclavage, la torture, et d’autres violations graves des droits fondamentaux. »

Monsieur le directeur du plaidoyer et Madame la chercheuse, débarrassez-vous de vos lunettes de blancs assis dans des salons feutrés, derrière des claviers, et qui entre une gorgée de café chaud, et un croissant beurré, vous soutenez les bourreaux au détriment des victimes.

Relisez la définition de « crime contre l’humanité ». Au Burkina Faso, au Mali et au Niger, qui commet des actes inhumains contre les populations civiles ? Ce sont bien les terroristes. Pensez – vous que les militaires et autres volontaires pour la défense de la patrie de ces trois pays, dont le rôle premier est la protection des personnes et des biens vont tourner les armes contre leurs propres frères, sœurs, pères et mères ? C’est insulter leur intelligence et bafouer leur loyauté à leur mère patrie.

Les pays de l’AES sont en guerre. Une guerre à eux imposée.  Dans chaque guerre il y a des victimes collatérales et la très grande difficulté est de distinguer le vrai du faux surtout lorsque les deux cohabitent. S’il y a des militaires qui osent s’attaquer aux populations qu’ils sont censés protéger, alors ce sont des infiltrés. Et les infiltrés sont envoyés par l’ennemi que vous connaissez très bien.

Vous parlez de reddition de comptes des pays de l’AES. Allez – y plus loin en demandant aussi la reddition des comptes des terroristes. Et on verra.

Alors laissez-nous en paix. La dignité de l’Union Européenne commencera par son courage à dire la vérité et rien que la vérité. Cette vérité c’est celle qui consiste à dire aux pays européens qui financent et arment les terroristes d’arrêter.

Bazona Barnabé Bado

 

   

 

 

 

 

 

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